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Avec Justine Saint-Lô, Fleur Godard, Fred Bernard, Etienne Davodeau, BD et romans graphiques dans le sac à dos, partons à la découverte des vins nature, des vigneronnes et des vignerons soucieux du vivant, des coteaux ensoleillés de Provence aux vallons verdoyants de la Loire et d’Anjou, des vignobles de Bordeaux aux climats de Bourgogne, en passant par Chablis, des paysages escarpés de la vallée du Rhône aux charmes de l’Alsace, des secrets du Jura aux vignes généreuses de Champagne, des cépages uniques du Languedoc-Roussillon aux trésors du Sud-Ouest.
Chroniques de la vigne, Fred Bernard, Glénat, 2013
BD vin & co : nos coups de cœur
Chroniques de la vigne, Fred Bernard, Glénat, 2013

Les amoureux des jardins et des bandes dessinées connaissent déjà Fred Bernard. Il dessine une chronique des saisons dans son jardin de Bourgogne, il y salue faune et flore, observe son fils en explorateur des lieux, dresse dans cet album le portrait de penseurs et écrivains, comme la native de Puisaye Colette.
Fred Bernard a grandi à Savigny-lès-Beaune, son grand-père et son père (et le grand-père de sa mère) y étaient vignerons. « Les caves étaient mon terrain de jeux favori dans mon enfance. J’ai appris à marcher et à faire du vélo dans la cour au dessus d’elles, entre les caisses et les palettes » Ce livre est une conversation avec son grand-père. A travers une série d’histoires courtes, il partage ses anecdotes familiales et ses réflexions personnelles sur le vin et la dégustation. Chaque page est imprégnée de sa sensibilité, de son humour et de son sens aigu de l’observation, le tout illustré avec un trait clair et coloré qui rend hommage aux paysages de Bourgogne et aux vignerons locaux.
Les ignorants, Etienne Davodeau, Futuropolis, 2011

Ce roman graphique en noir et blanc raconte une rencontre unique entre deux univers : celui du vin et celui de la bande dessinée. Etienne Davodeau, auteur de bandes dessinées, propose à son ami Richard Leroy, vigneron dans la Loire, un échange singulier : Davodeau ira travailler dans les vignes et demandera une initiation à la dégustation, tandis qu’en retour, il fera découvrir l’univers de la bande dessinée et ses auteurs au vigneron.
La vigne est une liane
La vigne est une liane, et comme le dit Richard Leroy, « il faut la tenir, sinon elle t’échappe et c’est fini. » La taille est une étape cruciale dans le cycle de la vigne, où chaque geste compte pour orienter la croissance future des plants. Cette tâche nécessite précision et savoir-faire.
Des histoires de barriques
Davodeau explore les différentes essences de bois utilisées pour la fabrication des fûts, chacune apportant ses arômes spécifiques au vin. Lors des dégustations, il arrive parfois qu’au vingtième verre, l’auteur ait du mal à suivre, tant les nuances sont subtiles et nombreuses.
Le dessin c’est une écriture
Davodeau présente son ami vigneron à Jean-Pierre Gibrat, un dessinateur de renom. Cette rencontre est l’occasion d’échanger sur leurs métiers respectifs, et de découvrir les points communs entre l’art de la vigne et celui du dessin.
« Le dessin va à l’essentiel. Il n’est pas démonstratif. C’est une écriture. Rien d’autre. » Davodeau partage sa vision de l’art du portrait, où chaque trait doit capturer l’essence du sujet sans artifice. Il initie Richard Leroy à cette approche, lui montrant comment le dessin peut révéler la personnalité et l’histoire de ceux qu’il croque.
Bio et préparations biodynamiques
Pour Richard Leroy, le bio est une évidence. Il cultive ses vignes sans herbicide ni pesticide, refusant que le bio devienne un simple argument commercial. « Je refuse que le bio soit un critère commercial de mes vins » affirme-t-il, préférant laisser parler la qualité de son travail.
L’initiation à la biodynamie passe par l’utilisation de préparations naturelles, dont la bouse de corne. Davodeau découvre cette pratique ancestrale, qui vise à renforcer la vitalité des sols et des plantes, en harmonie avec les cycles naturels.
La proximité avec la nature et les saisons est essentielle dans le travail de la vigne. Mai et juin sont les mois de l’ébourgeonnage, où chaque geste compte pour assurer une récolte de qualité.
Un collaborateur du célèbre critique de vin Robert Parker vient goûter les vins de Richard Leroy. « Une bouteille de vin, c’est quand même autre chose qu’un devoir de maths » commente Davodeau, soulignant l’importance de l’appréciation sensorielle dans la dégustation.
Une déambulation fraternelle
Les échanges entre Davodeau et Leroy sont empreints de spontanéité et d’humour. Parfois, une remarque anodine peut mener à une réflexion profonde ou à une bonne idée, enrichissant leur collaboration.
Les moments de gêne ou de maladresse sont inévitables dans toute nouvelle expérience. L’auteur ne manque pas de les relater avec humour, montrant que l’apprentissage passe aussi par des erreurs.
Le dessinateur emmène Richard Leroy à la rencontre de Marc-Antoine Mathieu, un auteur de bandes dessinées en noir et blanc. Cette visite est l’occasion de découvrir une autre facette de l’art séquentiel, où le contraste des couleurs joue un rôle primordial.
Vinification mode d’emploi
Les deux fermentations, alcoolique et malolactique, sont expliquées en détail. Davodeau découvre l’importance du soufre dans la vinification, et les choix qui s’imposent pour préserver la qualité du vin.
Le moment tant attendu des vendanges arrive en septembre. C’est un temps fort de l’année, où toute l’énergie est concentrée sur la récolte des raisins, promesse du vin à venir.
Participer aux salons des vins est une étape incontournable pour faire connaître son travail. Davodeau accompagne Richard Leroy dans ces événements, découvrant les coulisses de la promotion des vins.
« Allons voir en cave. C’est là-bas que ça se passe, maintenant. » L’automne marque un changement de rythme dans le travail de la vigne. C’est le moment de descendre en cave, où le vin poursuit sa lente maturation.

Ce récit curieux et joyeux met donc en lumière les moments clés de cette année d’échanges et de découvertes. Chaque chapitre apporte un éclairage personnel sur le monde du vin et de la bande dessinée.
Un joli moment de partage.
pur jus, Cultivons l’avenir dans les vignes, Justine Saint-Lô & Fleur Godart, éditions Marabout, 2016

Pur jus, c’est quoi ? C’est comme ça dans le milieu qu’on appelle le vin naturel, eh oui !
Justine et Fleur ont voyagé en France, traversé multitudes de terroirs, pendant un an, à la rencontre des vignerons et vigneronnes engagés soucieux du vivant, attentifs au sol et à la nature environnante. C’est une BD joyeuse, colorée, drôle, gourmande, les deux filles se mettent en scène, elles goûtent, elles interrogent, elles observent, elles s’étonnent. C’est précis, c’est technique, c’est un précis grand public de vulgarisation sur la production de raisin au naturel. On y définit la mycorhize, ce « commerce sous-terrain entre les champignons et les racines des plantes ». L’eudémis, le ver de la grappe, la chlorose, la drosophile… et tout les termes techniques, buttage, cisaillage, débourrement, biotope, fermeture de grappe, nouaison, passerillage…

Portraits de vignerons et vigneronnes inspirants
Les autrices partagent les histoires de vignerons visionnaires, qui ont choisi de cultiver la vigne autrement. Les voilà technicien et technicienne, artisans, amoureux du vivant, expérimentateurs, scientifiques, poètes et poétesses…
Direction chez Alain Castex, les vignes du Cabanon, à Trouillas dans les Pyrénées-Orientales, chez Cyril Fhal, au Clos du Rouge-gorge, à Latour-de-France dans les Pyrénées-Orientales. Visite à la famille Andrieu au Clos Fantine, à Cabrerolles dans l’Hérault, à Jérôme Galaup, La Ferme du Vert, à Castelnau-de-Montmiral dans le Tarn, à François Saint-Lô, le frère de la dessinatrice, à Berrie dans la Vienne. Direction chez Catherine Dumora et Manuel Duveau, à l’Egrapille à Blanzat dans le Puy-de-Dôme, chez Catherine Riss à Mittelbergheim dans le Bas-Rhin, Jean-François Coutelou à Puimisson dans l’Hérault, Xavier Caillard, Les Jardins Esméraldins à Coutures dans le Maine-et-Loire, Vincent Charlot à Mardeuil dans la Marne, qui utilise l’aloe vera comme stimulateur de défenses naturelles, Alice Bouvot, L’Octavin, à Arbois dans le Jura, Emilie et Alexis Porteret, domaine des Bodines, à Arbois dans le Jura, Didier Grappe à Saint-Lothain, Morgane Jurlier à Baume-les-Messieurs, dans le Jura, Philippe Jambon à Chasselas en Saône-et-Loire, Jérôme Guichard, domaine de Sauveterre à Montbellet en Saône-et-Loire, Lilian et Sophie Bauchet à Lancié dans la Rhône, chez Tampon-Clinamen à Villetaneuse. On croise aussi Marceau Bourdarias, spécialiste de la taille, en Corrèze. Direction château Lestignac à Sigoulès en Dordogne chez Camille et Mathias Marquet, château Massereau chez les frères Chaigneau, Cosne-Cours-sur-Loire dans la Nièvre chez Mathieu Coste…

À travers ces témoignages, les autrices mettent en avant des démarches courageuses, souvent à contre-courant des tendances dominantes. Ces artisans illustrent que le vin naturel, le vin nature, est avant tout une histoire de conviction et de respect pour la terre.
Un tour de France des régions viticoles
L’ouvrage parcourt des territoires variés, offrant une mosaïque de cailloux et de sols, de pratiques, de cépages et de paysages :
- En Bourgogne, des vignerons passionnés s’efforcent de concilier traditions séculaires et innovations respectueuses de l’environnement, dans un contexte où les pressions économiques sont fortes.
- Le Languedoc, terre de liberté, est présenté comme un laboratoire de créativité. De jeunes viticulteurs y expérimentent avec des cépages anciens, revalorisant des variétés oubliées tout en inventant de nouvelles façons de travailler.
- La Provence, notamment les vignobles autour du Mont Ventoux, est mise en lumière pour son adoption de la biodynamie. Cette approche met l’accent sur l’équilibre des écosystèmes et le soin porté à chaque étape de la culture.
Chacun et chacune dans sa région raconte une histoire unique, mais tous partagent un objectif commun : préserver la biodiversité et réinventer le lien entre l’homme, la femme et la vigne.

Biodynamie : pourquoi de la bouse de vache, et pas du crottin de cheval ou autre ? Comment tu sais quand c’est le bon moment pour travailler les sols ? Comment tu es tombé dedans ? Comment être femmes dans ce métier dit d’hommes ? Heu… attends tu peux nous expliquer comment ça se passe la fleur ? Des vignes qui ont gelé ça se voit à quoi ? Les questions sont nombreuses, la conversation se prolonge…
pur jus, vinification, Vive les vins libres !, Justine Saint-Lô & Fleur Godart, éditions Marabout, 2018

Benoît, il faut croire en ses rêves, le monde en a besoin ! Vive Pur Jus, l’insouciance et la pleine conscience !
dédicace de Fleur à pur jus
Le vin naturel, mais qu’est-ce que c’est au juste ?
Après avoir exploré les vignes et les terroirs dans le premier tome, Justine Saint-Lô et Fleur Godart nous ouvrent cette fois les portes des caves et des chais. Toujours avec leur ton joyeux, gourmand et curieux, elles poursuivent leur tour de France à la rencontre de vigneronnes et vignerons passionnés, pour comprendre et raconter la magie de la vinification naturelle.

Dans cette BD, on plonge au cœur de la création du vin nature : chaque étape du travail au chai est passée au crible, des choix de cuves à l’hygiène irréprochable (indispensable pour les vins sans intrants), des levures indigènes aux fermentations (alcoolique et malolactique), de l’élevage à la mise en bouteille. Les autrices questionnent, réfléchissent à haute voix, résument rendant la technique accessible, vivante et drôle.
Le livre met en lumière la diversité des pratiques : il n’existe pas une seule façon de vinifier, mais une multitude de chemins, chacun cherchant à exprimer au mieux la personnalité du raisin, du millésime et du terroir, tout en respectant le vivant. Les témoignages recueillis révèlent des artisans du vin qui ont choisi la liberté, refusant les recettes toutes faites et les produits chimiques, pour laisser parler la nature et la sincérité du jus.

On découvre ainsi les doutes, les expérimentations, les réussites et les ratés, mais surtout la passion de ces femmes et hommes qui font du vin naturel un véritable manifeste de liberté. Les autrices rencontrent aussi bien des figures historiques (comme Pierre Overnoy ou Jacques Néauport) que la jeune génération engagée dans cette aventure du vin vivant.
Bâtonnage, bretts, carbo, débourbage, gaz carbonique, esters, levures indigènes, petnat, rafle, remontage, lies, méthode champenoise, réduction, solera, soufre, tanin, souris, volatile, vendange entière… Avec humour et précision, pur jus, vinification devient un manuel grand public, aussi technique qu’accessible, qui décortique le vocabulaire de la cave, explique les gestes, les choix, les risques et les joies du métier. C’est une BD foisonnante, colorée, pleine d’anecdotes, de portraits et de réflexions sur ce qui fait un vin libre, sincère, vibrant – et humain avant tout.
Vignerons et vigneronnes du vin vivant !
Voici Athénaïs de Béru à Chablis en Bourgogne, qui présente sept siècles de levures, François Saint-Lô, en mode underground dans ses caves troglodytes, Julien Albertus à Rosheim dans le Bas-Rhin, qui compare pressoir à cliquet et pressoir pneumatique, Catherine Riss à Mittelbergheim, qui parle avantage de la grappe entière, Pat-Jo et Pierre Cotton à Brouilly en Rhône-Alpes pour différencier macérations carbonique et semi-carbonique, Jérôme Guichard, domaine de Sauveterre, à Montbellet en Saône-et-Loire, qui compare Bouchat et Rapillères, Thierry Hesnault à Chahaignes dans la Sarthe, pour parler élevage long de chenin et pineau d’aunis, Pascale Choime et Laurence Alias, qui évoque les difficultés d’être libres dans des appellations conservatrices, Jean-François Coutelou et sa collection d’outils anciens, Cyril Thal, Michael Georget, Alain Castex dans le Languedoc-Roussillon.
On goûte le Pet’nat d’Emilie et Alexis Porteret, domaine des Bodines dans le Jura, on parle sans soufre avec Pierre Overnoy, figure mythique du Jura, Jean-Yves Péron à Albetville en Savoie, passé de la biochimie au vin, maître de la macération pelliculaire des cépages blancs savoyards. Nathalie Dallemagne et Jacques Carroget parlent des vins d’Anjou. Jacques Néauport rend visite à Michel Guignier à Vauxrenard et à Yann Bertrand à Fleurie, « Jules Chauvet disait que des journées chaudes et des nuits fraiches donnaient des vins rébarbatifs« . Philippe Jambon parle de l’énergie du vin. Vincent Charlot en Champagne décrit le comportement des bourbes, particules en suspension écoulées lors du pressage. Esmeralda Garcia est à Santyuste en Castille-et-Leon, en Espagne. Dans ce coin-là la PAC fait des ravages, avec restructuration des vignobles et primes à l’arrachage. Mathieu Coste, à Cosne-sur-Loire, conclut : « la fermentation est une respiration incomplète : les levures dégradent les sucres jusqu’à l’éthanol, mais elles sont incapables de le démonter entièrement comme la respiration. »
« Oui, mais nous on peut ! On le boit, et on le transforme en énergie ? »
Autres bandes dessinées sur le vin en 2025
Il me reste quelques bouteilles à boire et quelques BD ou romans graphiques sur le vin à lire.
Voici une liste de bandes dessinées sur le vin non mentionnées dans ton article, avec auteurs, éditeur, année de publication et un très court résumé :
- Palmer dans le rouge
René Pétillon (scénario), Manu Larcenet (dessin et couleurs) — Dargaud, 2025
Enquête humoristique du détective Jack Palmer dans le monde viticole bordelais, mêlant suspense et satire du monde des grands crus. - Histoire des grands vins
Benoist Simmat et Daniel Casanave — Les Arènes, 2024
Voyage illustré retraçant l’histoire des grands vins de l’Antiquité à nos jours à travers anecdotes et terroirs célèbres. - Les Gouttes de Dieu
Tadashi Agi & Shu Okimoto — Editions Glénat, depuis 2004 (44 tomes)
Saga manga emblématique de l’œnologie explorant les grands crus et la dégustation à travers une intrigue familiale et passionnée. - Robert Parker : Les sept péchés capiteux
Benoist Simmat & Philippe Bercovici — Edition Glénat, 2011
Satire biographique et critique de la puissante influence du fameux critique américain Robert Parker. - Châteaux Bordeaux
Corbeyran & Espé — Editions Vents d’Ouest, 2011-2015
Saga familiale dramatique tournant autour des secrets, intrigues et prestige des grands crus bordelais. - CosmoBacchus
Meybeck — Editions Le Lombard, 2018
Road-trip humoristique et engagé autour des vins biodynamiques et naturels. - Un Grand Bourgogne oublié
Hervé Richez & Emmanuel Guillot — Editions Futuropolis, 2025
Aventure et quête d’un terroir méconnu en Bourgogne, entre histoire et transmission. - Mimi, Fifi & Glouglou
Michel Tolmer — Editions Drugstore, depuis 2005
Humour et satire sur les amateurs et producteurs de vins naturels. - Vinifera (collection)
Corbeyran & collaborateurs — Glénat, collection créée en 2013, 30 albums environ
Collection pédagogique sur l’histoire, la culture et la technique du vin, accessible à tous. - L’Incroyable histoire du vin
Benoist Simmat & Daniel Casanave — Les Arènes, 2024
Synthèse historique illustrée des grandes étapes de la viticulture et de l’univers du vin. - In Vino Veritas
Gibrat & Durieux — Editions Glénat, 2018
Récit mêlant aventure et réflexion philosophique autour du vin.
FAQ Comprendre le vin nature
Qu’est-ce que le vin nature ?
Le vin nature, ou vin naturel, désigne un vin élaboré sans ajout d’intrants œnologiques lors de la vinification, à l’exception éventuelle d’une très faible dose de soufre (sulfites). Il ne doit pas être confondu avec le vin biologique ou biodynamique, même si ces démarches peuvent se recouper : le vin nature va plus loin en bannissant tout additif ou manipulation technique visant à modifier le jus de raisin.
Quels sont les critères qui caractérisent un vin nature ?
Raisins issus de l’agriculture biologique ou biodynamique, sans pesticides, herbicides ou engrais chimiques de synthèse.
Vendanges obligatoirement manuelles, pour préserver l’intégrité du raisin et limiter les interventions mécaniques.
Vinification sans ajout d’intrants œnologiques : aucun additif, ni levures sélectionnées, ni enzymes, ni agents de collage ou de clarification, ni sucre ajouté.
Utilisation exclusive des levures indigènes présentes naturellement sur la peau des raisins pour la fermentation.
Aucune technique brutale de vinification (pas de pasteurisation, de filtration stérile, d’osmose inverse, etc.).
Les vins ne sont généralement ni collés, ni filtrés, ce qui peut leur donner un aspect trouble ou une texture différente des vins conventionnels.
Ajout de sulfites limité au strict minimum, voire totalement absent : en général, le seuil toléré est de 30 mg/l pour les rouges et 40 mg/l pour les blancs, alors que la réglementation européenne autorise jusqu’à 150 mg/l pour les rouges conventionnels et 400 mg/l pour certains blancs liquoreux.
Quelle est la réglementation pour le vin nature ?
Quelle est la différence entre un vin bio, biodynamique et naturel ?
Le vin bio suit un cahier des charges européen interdisant pesticides et herbicides à la vigne, mais autorise certains intrants à la vinification. Le vin biodynamique va plus loin en appliquant les principes de Rudolf Steiner (calendrier lunaire, préparations naturelles comme la bouse de corne) et limite davantage les sulfites. L’aspect scientifique de la biodynamie est très discutée (voir l’histoire de l’anthroposophie). Le vin naturel, non réglementé officiellement, bannit tout intrant œnologique et se limite à 30 mg/l de soufre maximum (contre 150 mg/l pour le bio) – c’est du « jus de raisin fermenté, rien de plus ».
Quelle BD choisir pour débuter dans l’univers du vin naturel ?
Pour les novices absolus, « Les Ignorants » d’Etienne Davodeau est idéal : ce roman graphique suit l’apprentissage de l’auteur aux côtés du vigneron Richard Leroy, avec pédagogie et humour. Si vous préférez un format coloré et dynamique, « Pur Jus » de Justine Saint-Lô et Fleur Godart vulgarise parfaitement les techniques viticoles tout en racontant des rencontres attachantes. Les lecteurs déjà sensibilisés apprécieront « Chroniques de la vigne » de Fred Bernard, plus poétique et introspectif.
Comment débuter la dégustation de vin naturel sans être déçu ?
Ouvrez la bouteille 1 à 2 heures avant de déguster, voire carafez-la pour éliminer les éventuelles odeurs de réduction (œuf, allumette). Servez les rouges à 15°c et les blancs à 11°c, car le vin naturel s’exprime mieux frais. Si vous percevez un léger pétillant sur la langue, c’est normal : le gaz carbonique naturel remplace partiellement le soufre comme conservateur. Demandez conseil au vigneron sur les bonnes pratiques de dégustation de son vin. Mais surtout faîtes-vous plaisir !
Pourquoi mon vin naturel sent-il parfois bizarre au premier nez ?
Une odeur d’œuf pourri, d’allumette ou de chou n’est pas un défaut rédhibitoire mais une « réduction » : le vin manque d’oxygène après avoir été enfermé en bouteille. Un simple passage en carafe de 30 minutes à 1 heure fait disparaître ces arômes. En revanche, si vous détectez du vinaigre, du carton mouillé ou une odeur d’écurie persistante, il s’agit d’un véritable défaut (piqûre acétique, bouchon, brett excessive) : signalez-le à votre caviste !
Où acheter du vin naturel en France ?
Les cavistes spécialisés se multiplient, surtout dans les grandes villes (Paris, Lyon, Bordeaux, Montpellier). En ligne, Vins Etonnants, Cave Pur Jus, Vinibee, Les Grappes proposent des sélections. Privilégiez les sites qui travaillent en direct avec les vignerons pour garantir traçabilité et conseils. Les salons comme La Dive Bouteille (Saumur), Sous les Pavés la Vigne (Paris) ou Bulles au Centre (Tours) permettent de rencontrer les producteurs. Nous conseillons le marché des vins bio de Montreuil.
Combien coûte en moyenne une bouteille de vin naturel ?
Contrairement aux idées reçues, le vin naturel n’est pas forcément cher : comptez 8-9 € pour les entrées de gamme (Languedoc, Loire), 10-15 € pour la moyenne gamme, et 15-25 € pour les cuvées premium. C’est souvent moins cher que les grands crus conventionnels (20-200 €), car les vignerons naturels ciblent l’accessibilité et économisent sur les intrants chimiques. Certains vignerons nature sont des stars et les prix grimpent quand même !
Comment conserver correctement un vin naturel à la maison ?
Le vin naturel est vivant, donc plus sensible que le vin conventionnel : stockez-le dans un endroit frais (12-14°C idéalement), sombre, avec les bouteilles couchées et une humidité modérée. Évitez absolument les variations brusques de température (ne laissez jamais une bouteille en voiture l’été !). Contrairement aux vins conventionnels « stérilisés » par les produits chimiques, les vins naturels de garde existent mais demandent plus d’attention. Les cuvées légères et fruitées se boivent jeunes (1-3 ans).
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