Povero : l’ingénieur devenu poète minimaliste du rock montpelliérain

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Povero est un artiste montpelliérain aux multiples facettes qui a construit une œuvre musicale singulière et profondément introspective depuis 2014. Son parcours atypique reflète une quête artistique exigeante, loin des sentiers battus de l’industrie musicale.

POVERO IV (2026) clôt une décennie d’introspection musicale avec treize titres entre noirceur fantasmagorique et pulsations électroniques.

Il se consacre désormais à la peinture revisitant Bruegel dans de grandes fresques damnées et surréalistes !

Autoportrait © Povero

Un parcours singulier : de l’ingénierie au cinéma, du cinéma à la musique

Originaire du Sud de la France, Povero a d’abord « exercé son désintérêt » dans de longues études d’ingénieur qui l’ont mené de sa région natale à Paris, puis en Angleterre. Arrivé à l’heure des entretiens d’embauche, il réalise que cette voie n’est pas faite pour lui et se tourne vers le cinéma, sa première passion artistique.

Pendant une dizaine d’années, il travaille comme cinéaste, de stagiaire exploité à réalisateur de documentaires. Il tourne dans des hôtels perdus au Japon, dans des ateliers de peintres méconnus, dans des bars du Sud de la France. Cette période lui permet de développer son regard d’artiste et de se familiariser avec la composition musicale à travers les bandes originales de ses films.

L’univers musical : rock expérimental et électro-minimalisme

C’est tard le soir, dans le sous-sol de sa « tanière montpelliéraine » transformée en studio, que Povero donne naissance à son projet musical. Son nom même – Povero, qui signifie « pauvre » ou « malheureux » en italien – annonce la couleur d’une œuvre marquée par la mélancolie et l’introspection.

Identité sonore

Povero navigue entre rock expérimental, électro-minimalisme et chanson à texte française. Ses compositions se caractérisent par des guitares multipliées, des percussions fourmillantes, des arrangements électroniques alambiqués, le tout au service de textes en français souvent désenchantés et poétiques.

Discographie : quatre albums en douze ans

POVERO I (2014) – « Premier album audiodégoupillé »

Sept titres sombres où « les Mémoires du Sous-sol se heurtent au fait-maison ». Une atmosphère ténébreuse avec des arrangements folk truffés de sons documentaires.

Titres notables : Contact, On Y Va, Les Petits Êtres, Mon Frère.

POVERO #02 (2017) – L’album de la maturité

Dix titres considérés par l’artiste comme son album « le plus joyeux ». Il y offre l’élégiaque O’Pater, le critique Le Boeu(f) et la sournoise Sur La Gueule Des Gens.

Ce disque est une véritable introspection minimaliste et poétique qui illustre à merveille la notion même de Povero : malheureux. Par son rythme lent et la chaleur ronde de sa voix, cet album pourrait coller à un roman de Houellebecq. C’est triste, mais terriblement bien ficelé. On se prend à penser à Renaud Papillon Paravel, voire à CharlElie Couture enfin apaisés du monde qui les entoure. Ce second épisode s’écoute affalé dans un vieux fauteuil en cuir, là où la cheminée crépite…

Rock Made In France, 13 février 2017

POVERO 3 (2020) – Rêverie et torpeur

Douze « complaintes dédiées à toutes les sortes de moutons à cinq pattes ». Des arrangements dépouillés, des mélodies désabusées, retenues. « Un jeu de cache-cache avec le monde en train de se faire. Garder un peu de distance sans ignorer son temps ; jouer en marge sans se mettre à l’écart. »

Ambiance : cuivres voilés, synthés heurtés sur des rythmiques assoupies, une « calme noirceur mélancolique ».

POVERO IV (2026) – L’opus final

Après cinq ans de « dur labeur », cet ultime album vient « conclure une grosse décennie d’introspections musicales dans un luxe de noirceur fantasmagorique ». Treize titres dont Le Réfugié Poétique, Silence, Fuyons, L’Oracle et Vagabondieu.

Chronique : mutations atrabilaires et textures sonores

POVERO #04

Povero marche à l’ombre, a mis de la douceur.

A poli son attirail, a mâché le phrasé, murmuré l’introspection. Mutation atrabilaire.

Goûté une texture des mots, s’échappe pour un monde électronique, pas simple chanson à texte ou monde expérimental, mutation, hybridation. Transformations paysagères. Le langage est matière. S’attrape, comme on laisse s’échapper les chiens.

On pourra dire le clair-obscur, le sommeil interrogateur d’une curiosité passagère.

On écoute, on entend, on bifurque, on court-circuite le rationnel. On pleure en dormant la délicatesse inquiète.

Du cuivre pour un jazz résilient. La marionnette sourira-t-elle ?

Jouer la mort que je veux

Jouer la vie qu’on m’a donnée

Jouer la mort qu’on m’avait

Oh la vie qu’il a

La mort qui a volé

Tout l’amour qu’il avait

Qu’a-t-il dit ?

L’Oracle s’est exprimé

Depuis l’Outrecul du monde

Envolée musicale, précipitation rythmique. Mais que croit-il ? Pas de moral, pas de facilités, la fièvre a glissé dans le velours mélancolique. Il roulerait sur le passage, pousserait le rocher, Sisyphe immatériel d’un monde indélicat. Le xylophone argenté plume la nuit et sa carcasse indélicate. On se pousse sur la piste. Help, help, sur le dancefloor. On regarde au dehors, la buée sur la vitre, le papillon crépusculaire. On sait que les brigands s’amourachent en silence des filles de jadis. Capitaine où es-tu ?

Quel est ce bruit ?

Rock hybride, mondes sonores expérimentaux, pulsations numériques, on cherchera la qualification. Vers libres pour la danse, troc intime. Povero a plusieurs vies. Sait-il la couleur de sa carapace ?

« Help ! Help ! Sieur Léopold! » « Help ! Help ! Sieur Humevent ! »

Une indépendance artistique totale

Auteur, compositeur, interprète et producteur de ses albums, Povero enregistre dans son propre studio montpelliérain. Il collabore avec La Mouette Métallique Films (sa structure de production), et quelques musiciens de confiance (Paolo D., Patrick D., Régis B.).

Sa musique est disponible sur toutes les plateformes (Spotify, Deezer, Bandcamp, YouTube) mais reste confidentielle, destinée à un public à la recherche d’une musique exigeante et résolument à contre-courant.

Qui est Povero ?

Un créateur solitaire qui, loin des projecteurs, construit patiemment une œuvre cohérente faite de « lancinants couinements » de guitares, de textes piégés et de sonorités électroniques sophistiquées. Un artiste unique, insaisissable, qui mérite d’être découvert par ceux qui cherchent dans la musique une expérience artistique authentique et sans compromis.


Contact & écoute : povero.free.fr | Bandcamp | Spotify | Deezer

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