Guy Roux, entraîneur de l’AJ Auxerre et éleveur de champions

Guy Roux éleveur de champions Marionnette des Guignols Canal +

Guy Roux est né le 18 octobre 1938 à Colmar. En 1961, il signe à l’AJ Auxerre comme entraîneur-joueur : le club évolue en Division d’Honneur, quatrième niveau du football français, et lui verse 600 francs par mois. Il restera 44 ans.

Sous sa direction, Auxerre monte tous les échelons. Champion de France en 1996. Quatre fois vainqueur de la Coupe de France, en 1994, 1996, 2003 et 2005. Environ 2 000 matchs au total, dont 890 en première division : un record européen pour un entraîneur resté dans un seul club.

Mais ce qui a rendu Guy Roux singulier, ce n’est pas le palmarès. C’est la liste des joueurs qu’il a formés : Cantona, Boli, Ferreri, Mexès, Cissé. Une école de football au coeur de l’Yonne, à 170 kilomètres de Paris.

Guy Roux, éleveur de champion : la marionnette des Guignols de l’info

L’impact culturel de Guy Roux dépasse largement le cadre sportif, et nulle part cela n’est plus visible que dans sa représentation aux Guignols de l’Info. La célèbre émission de Canal+ a fait de l’entraîneur auxerrois l’un de ses personnages récurrents, contribuant à ancrer sa popularité dans l’inconscient collectif français.

« nous à Auxerre on n’a pas de sous »

La marionnette de Guy Roux aux Guignols cristallise tous les clichés savoureux du personnage : l’accent bourguignon à couper au couteau, le côté économe, les expressions colorées comme « faut pas gâcher », et surtout cette image d’éleveur de champions qu’il cultive avec malice. Les sketches le montrent souvent dans son « laboratoire » auxerrois, façonnant ses joueurs comme un artisan sculpte ses œuvres.

Cette parodie télévisuelle, loin de desservir Guy Roux, renforce son statut d’icône populaire. Elle met en lumière sa capacité unique à transformer des jeunes talents en stars internationales, phénomène rare dans le football français de l’époque. L’expression « éleveur de champions » devient progressivement indissociable de son image publique, incarnant parfaitement sa philosophie de formation.

L’héritage humoristique d’une légende

Les Guignols révèlent aussi l’affection particulière que les Français portent à Guy Roux. Contrairement à d’autres personnalités du football souvent moquées avec acidité, lui bénéficie d’un traitement bienveillant qui témoigne du respect unanime qu’il inspire. Cette popularité transcende les clivages : supporters adverses, journalistes, et même dirigeants reconnaissent en lui une figure attachante du football français.

L’héritage des Guignols dans la construction du mythe Guy Roux est indéniable. Aujourd’hui encore, nombreux sont ceux qui découvrent ou redécouvrent le personnage à travers ces parodies devenues cultes, preuve que l’humour peut parfois servir la légende mieux que n’importe quelle hagiographie.

Guy Roux entraineur : l’architecte du miracle AJA

L’histoire de Guy Roux à l’AJ Auxerre relève du conte de fées footballistique. Quand le jeune Guy Roux prend les rênes de l’équipe en 1961, le club évolue en Division d’Honneur. Sous sa houlette, l’AJA va gravir tous les échelons du football français pour atteindre les sommets européens.

Les années 80 et 90 marquent l’apogée de l’ère Guy Roux à Auxerre. Le club bourguignon devient une place forte de la Ligue 1, formant des générations de talents qui brilleront aux quatre coins de l’Europe. Basile Boli, Eric Cantona, Jean-Marc Ferreri, ou encore Djibril Cissé : tous sont passés par l’école auxerroise avant de conquérir les plus grands championnats.

Quatre joueurs sacrés champions du monde en 1998 avec l’équipe de France sont passés par Auxerre sous Guy Roux : Laurent Blanc, Bernard Diomède, Stéphane Guivarc’h et Lionel Charbonnier.

La Pyramide : naissance du centre de formation

La méthode Guy Roux repose sur plusieurs piliers fondamentaux. D’abord, une formation intensive des jeunes joueurs dans le centre de formation qu’il contribue à développer. Ensuite, un jeu offensif et spectaculaire qui séduit les puristes du ballon rond. Enfin, une gestion paternelle de son effectif, où chaque joueur trouve sa place dans un système bien huilé.

« Nous pratiquons par deux sessions de huit semaines, une à l’automne et l’autre au printemps car il n’est pas possible de laisser jouer les enfants de cet âge quand il fait très froid, ils ne sont pas assez résistants. Nous faisons une très longue trêve d’hiver et nous reprenons au printemps. Nous constatons qu’après l’hiver ils ont bien assimilé ce que nous leur avions donné à l’automne et ils sont bien meilleurs. »

1971 : Guy Roux enseigne le foot aux enfants, archive INA

En 1982, Guy Roux inaugure la Pyramide, premier centre de formation de l’AJA. Le pari est clair : former les joueurs plutôt que les acheter. Un modèle économique autant qu’une philosophie. En mai 2025 la pyramide du centre de formation est renommée Pyramide Djibril Cissé.

Le centre est rebaptisé en 2014 avec l’inauguration d’un nouveau bâtiment. Il s’étend sur 15 hectares en continuité du stade Abbé-Deschamps : 8 terrains de football, 2 synthétiques, un lycée intégré, un restaurant, un suivi médical de niveau professionnel. En 2020, il reçoit le nom de Jean-Claude Hamel, président du club de 1963 à 2009. Deux mots résumaient sa philosophie, rappelés lors de la cérémonie : « Travail et éducation. »

Depuis 2016, Acadomia est partenaire du centre. Le groupe d’enseignement privé prend en charge l’intégralité de la scolarité des jeunes joueurs, du baccalauréat jusqu’au BTS, avec un taux de réussite aux examens de 100 %. Le centre s’appelle aujourd’hui Centre de Formation Acadomia AJ Auxerre.

Le bilan de 40 ans de formation : plus de 200 joueurs devenus professionnels, 17 internationaux A avec l’équipe de France, sept victoires en Coupe Gambardella.

Un palmarès exceptionnel pour un petit club

Le palmarès parle de lui-même : champion de France en 1996, quatre Coupes de France (1994, 1996, 2003, 2005), et de nombreuses campagnes européennes mémorables. Mais au-delà des trophées, Guy Roux a révolutionné la vision du football français, prouvant qu’un petit club de province pouvait rivaliser avec les mastodontes parisiens ou marseillais.

Son style de management, mélange de rigueur tactique et de psychologie appliquée, inspire encore aujourd’hui de nombreux entraîneurs. Guy Roux avait cette capacité rare de faire grandir ses joueurs non seulement footballistiquement, mais aussi humainement. Sa philosophie du « pas de gâchis » s’appliquait autant aux talents qu’aux ressources du club.

Le trio magique : Bourgoin, Hamel, Roux

Derrière le miracle auxerrois se cache un triumvirat exceptionnel qui a façonné l’identité du club pendant des décennies. Gérard Bourgoin, le vice-président, entrepreneur et mécène, Jean-Claude Hamel, le président, et Guy Roux, l’entraîneur-manager : ces trois hommes ont écrit ensemble l’une des plus belles pages du football français.

Gérard Bourgoin, le roi du poulet, industriel local passionné de football, apporte la stabilité financière indispensable aux ambitions du club. Jean-Claude Hamel, président de 1963 à 2009, incarne la continuité et la vision à long terme. Sa complicité avec Guy Roux, mélange de confiance mutuelle et de respect des compétences de chacun, constitue l’un des secrets de la réussite auxerroise.

Cette harmonie entre les trois hommes crée un environnement unique dans le football français. Là où d’autres clubs connaissent tensions et révolutions de palais, Auxerre cultive la stabilité et la sérénité.

Guy Roux, les ruses de l’entraineur

Le 4 novembre 2000 Thierry Ardisson reçoit Guy Roux, dans Tout le monde en parle, sur France 2.

L’ex-entraineur de l’AJA raconte sa vie, sa passion du foot, ses ruses d’entraineur pour espionner ses joueurs en boîtes de nuit.

  • Débuts dans le football et passion précoce :
    • Dès l’âge de six ans, Guy Roux associait le paradis à des pelouses, des buts et un ballon. Il a même dit à son curé que le paradis devait être rempli de terrains de football.
    • Enfant, il jouait déjà au football en utilisant des soldats de plomb comme joueurs et une bille comme ballon, créant des filets de but avec les filets à chignon de sa mère.
    • Il se souvient d’avoir été un « petit chef » dès 13 ans, organisant les jeux, nettoyant les terrains, lavant les shorts et soignant les joueurs.
  • Philosophie et ruses d’entraîneur :
    • À Auxerre, il allait lui-même dans les boîtes de nuit pour vérifier la présence de ses joueurs, avant d’organiser un réseau d’espions avec l’âge et la multiplication des établissements.
    • Il était préoccupé par les voitures des petites amies de ses joueurs, notamment les Fiat 500, car selon lui, les joueurs « se choppaient mal aux reins », ce qui causait des maux de dos. Il a découvert que trois joueurs ayant des problèmes de dos sortaient tous avec des filles possédant une Fiat 500.
    • Il a raconté une ruse pour contacter un joueur polonais, Szarmach, lors de la Coupe du Monde 1978 en Argentine : il s’est déguisé en livreur de bière pour pénétrer l’hôtel où l’équipe polonaise était confinée en altitude. Le joueur a finalement signé avec son club deux ans plus tard.
    • Il a consacré sa carrière à Auxerre, qu’il a mené « du zéro au plus haut ».
  • Ancêtres et héritage familial :
    • En étudiant sa vie, on découvre que ses ancêtres écossais, notamment du côté de sa mère dont le nom était Lory, expliquent son « sens de l’économie ». Le château de Regnes, dernière garnison de Charles le Téméraire, était occupée par des soldats écossais.
    • Un de ses aïeuls était un grognard de Napoléon, sergent dans la Grande Armée, et a reçu la Légion d’honneur après avoir été blessé par une lance à la Bérézina. Il est revenu à pied sept ans plus tard pour vérifier si Napoléon était toujours au pouvoir.
    • Son grand-père a eu une grande influence sur lui, notamment avec des « bons principes ». Une anecdote célèbre est celle des ampoules : lorsque Guy Roux a emménagé dans un studio à Auxerre et que le locataire précédent avait enlevé les ampoules, son grand-père lui a prêté celles du grenier, en lui disant de gagner sa vie avant le printemps pour les lui rendre.
  • Opinions et vision du monde :
    • Immigration : Il a un discours très tolérant, affirmant que la France est une « terre d’invasion » et que les premières générations (Polonais, Italiens, Portugais) ont enrichi le pays. Il cite l’exemple des invasions barbares dans la vallée de l’Yonne et la présence de personnes aux « yeux bridés ». Il souligne que la France a d’abord colonisé d’autres pays, et qu’il faut bien accueillir ceux qui viennent aujourd’hui, se basant sur son expérience au lycée d’accueil de l’Afrique occidentale française.
    • L’attrait du football : Il pense que l’attrait universel pour le ballon rond vient de plusieurs facteurs : le ventre de la mère, puis d’autres « sphères » à l’adolescence, la lune et la terre. Il ajoute que l’homme, en jouant au ballon, « retrouve ses quatre membres », faisant référence à des ancêtres ayant des « mains à la place des pieds ». Selon lui, le football a « rendu le pied intelligent ».
    • « Sorcier bourguignon » et prémonitions : surnommé le « sorcier bourguignon », il admet avoir des « dons de voyance ». Il a notamment eu la prémonition du décès de sa mère alors qu’il était militaire, qui s’est avérée le lendemain. Il lui arrive aussi de prédire les résultats des matchs, le score, le nom du buteur et les circonstances du but, bien qu’il ne le dise jamais et que cela ne soit pas toujours exact.

L’homme derrière le mythe : qui est Guy Roux ?

Guy Roux naît le 18 octobre 1938 à Colmar, mais c’est véritablement en Bourgogne qu’il forge sa légende. Arrivé à Auxerre en 1961 comme joueur, il ne quittera plus jamais vraiment cette terre qui l’a vu grandir professionnellement. Dès 1961, à seulement 23 ans, il endosse le costume d’entraîneur de l’AJ Auxerre, alors pensionnaire de troisième division.

Ce qui frappe chez Guy Roux, c’est d’abord sa longévité exceptionnelle. Dans un monde du football où les entraîneurs changent comme de chemise, lui reste fidèle à son poste pendant plus de quatre décennies. Cette stabilité rare lui permet de construire un véritable empire footballistique à Auxerre, développant une philosophie de jeu et une méthode de formation qui feront école.

Un caractère bourguignon authentique

L’homme Guy Roux se caractérise par son franc-parler, son accent bourguignon savoureux et sa capacité à créer une ambiance familiale au sein de son club. Ses joueurs le décrivent souvent comme un père, alternant entre tendresse paternelle et coups de gueule mémorables. Cette approche humaine du football, loin des strass et paillettes du football moderne, forge l’identité unique de l’AJA sous son règne.

Son parcours personnel reflète une époque où passion rimait avec abnégation. Guy Roux n’a jamais cherché les projecteurs pour son ego personnel, préférant mettre en lumière ses joueurs et son club. Cette humilité naturelle, mêlée à une détermination de fer et un brin de malice, constitue l’une des clés de son succès avec l’AJA.

Les publicités tournées par Guy Roux : quand l’économe devient vendeur

Guy Roux n’a jamais été un adepte des paillettes, mais sa popularité grandissante a attiré les publicitaires qui ont joué de son image de « coach radin ».

Sa carrière publicitaire commence véritablement dans les années 2000 avec le spot pour le système de sécurité Isogard, campagne qui s’avère pourtant un échec commercial pour la marque. Mais Guy Roux enchaîne ensuite les collaborations : La Poste pour leur produit Kaleïs avec une scène humoristique impliquant un journaliste et une intervention divine, Bouygues Telecom Nomad en 2000 dans un spot culte où il incarne un coach strict et autoritaire, ou encore Citroën entre 2001 et 2003 pour promouvoir les soldes d’hiver « 40 jours Citroën ».

Pub Cristalline avec Guy Roux

L’apogée de sa carrière publicitaire arrive avec Cristaline en 2002, où il vante cette eau minérale avec une phrase devenue légendaire, et surtout avec Pièces et Pneus, un vendeur en ligne de pièces automobiles pour lequel il tourne plus de 50 publicités en 2011. Cette dernière collaboration exploite parfaitement son image d’économe : qui mieux que Guy Roux pouvait vanter les mérites des bonnes affaires automobiles ?

Un personnage publicitaire inattendu mais efficace

La liste de ses collaborations publicitaires impressionne par sa diversité : EDF, Hitachi, Compofloranide, Saint-Yorre, Vol 24 (un comparateur de vols en ligne où il joue sur son image d’économe), et même ambassadeur pour Zéro Forfait. Cette multiplicité de partenariats témoigne de sa capacité à transcender les secteurs d’activité.

Ce qui rend Guy Roux efficace dans cet exercice, ce n’est pas un hypothétique charisme naturel devant la caméra – reconnaissons qu’il n’est pas le plus télégénique des entraîneurs ! – mais plutôt sa capacité à assumer pleinement son personnage de « coach strict et radin ». Les publicitaires ont compris que son authenticité bourguignonne et sa réputation d’économe constituaient des atouts marketing redoutables pour toucher le grand public français.

Top 10 des meilleurs pubs de Guy Roux par So Foot

Le magazine So Foot, en 2015, avait fait sa sélection des meilleurs publicités tournées par l’entraineur de l’AJA : « Guy Roux, ce n’est pas juste un vieil entraîneur un peu intrusif dans la vie de ses joueurs. C’est aussi un formidable acteur. Compile de ses meilleures publicités avec à chaque fois les mêmes ingrédients : de la concision et du (sur)naturel ».

Guy Roux, la Bourgogne et le Chablis : un amour du terroir

Guy Roux a toujours cultivé cette image de « paysan bourguignon », fier de ses racines provinciales. Bonnet sur la tête, accent du terroir et bon sens rustique, il a joué de ce personnage attaché à la province pour incarner l’Auxerrois et sa région. Cette simplicité, à la fois sincère et savamment entretenue, faisait de lui un entraîneur proche des gens, enraciné dans la Bourgogne comme un vigneron l’est dans ses vignes.

La relation entre Guy Roux et la Bourgogne ne se limite pas au football. L’entraîneur auxerrois incarne véritablement l’esprit bourguignon, avec sa passion pour les produits du terroir et notamment le Chablis, ce vin blanc prestigieux de la région.

Cette passion pour le Chablis est devenue légendaire, au point d’être régulièrement évoquée dans les médias et même parodiée. Guy Roux ne cache pas son amour pour ce vin bourguignon, et compare souvent à la patience nécessaire pour élever un joueur : comme un bon Chablis vieillit lentement pour révéler toute sa complexité, un jeune talent doit être patiemment formé pour exprimer son plein potentiel.

Lors de matchs de coupe d’Europe, les joueurs de l’AJA entraient sur le terrain, une bouteille de Chablis à la main à offrir à leurs adversaires du soir. On ne sait pas s’ils goûtaient à la mi-temps !

Parmi les Bourguignons, du côté de la Puisaye littéraire, l’écrivain Colette aussi a dit son goût pour le vin de Bourgogne. Et Fred Bernard, qui a grandi à Savigny-lès-Beaune, a dessiné ce plaisir de la dégustation dans Chroniques de la vigne, un dialogue intime avec son grand-père vigneron, mêlant anecdotes familiales et réflexions personnelles sur le vin, le tout magnifiquement illustré des paysages de Bourgogne.

Guy Roux Manager : le jeu vidéo, séquence vintage

Dans les années 90, l’impact culturel de Guy Roux atteint un niveau inédit avec la sortie du jeu vidéo « Guy Roux Manager ». Cette production informatique, aujourd’hui vintage, témoigne de la popularité exceptionnelle de l’entraîneur auxerrois à l’époque dorée de l’AJA.

Ce jeu de simulation de management footballistique permet aux joueurs d’incarner Guy Roux et de diriger l’AJ Auxerre : tactique, transfert, entrainement, négociation des contrats…

Aujourd’hui, ce jeu vidéo est devenu un objet de collection recherché par les nostalgiques du football français des années 90 et les amateurs de rétrogaming.

L’héritage indélébile de Guy Roux : entre sport et culture populaire

L’impact de Guy Roux sur le football français dépasse largement le cadre sportif pour s’inscrire durablement dans la culture populaire française. Son nom est devenu synonyme de longévité, d’authenticité et de réussite construite patiemment.

Sa méthode de formation, basée sur la patience et l’humanité, continue d’inspirer de nombreux éducateurs sportifs. Le centre de formation d’Auxerre, qu’il a contribué à développer, reste une référence en France et produit encore aujourd’hui des talents de niveau international. Son approche privilégiant l’épanouissement personnel des jeunes joueurs autant que leur progression technique fait école.

L’Oeil de Guy Roux, chronique hebdomadaire dans L’Yonne Républicaine

Guy Roux est un amoureux du sport. Il tient une rubrique hebdomadaire dans L’Yonne républicaine, quotidien du groupe Centre France. Cette collaboration révèle un observateur avisé du sport contemporain, capable d’analyser avec pertinence aussi bien les enjeux du cyclisme professionnel – évoquant en juillet 2025 les questions de dopage persistantes sur le Tour de France à travers le prisme de légendes comme Robic, Coppi ou Bobet – que les performances actuelles d’un Tadej Pogačar. Son regard se porte naturellement sur l’évolution de son AJ Auxerre, décortiquant les clés du maintien en Ligue 1, l’apport financier de l’actionnaire James Zhou, ou encore les projets d’extension du stade Abbé-Deschamps. Fin connaisseur des mutations du football moderne, il souligne les disparités criantes de calendrier entre formations comme l’AJA et les mastodontes européens tels que le PSG, tout en questionnant l’influence grandissante des instances internationales sur les championnats nationaux. Ces chroniques, ponctuées d’émotions locales comme le jubilé caritatif de Djibril Cissé, témoignent de son attachement indéfectible au terroir bourguignon et de sa capacité à transmettre sa passion footballistique avec authenticité.

L’Œil de Guy Roux du mardi 26 août : « J’ai onze ans et je fais partie de l’équipe des U11 de l’AJA ».

Guy Roux adopte le point de vue fictif d’un joueur de 11 ans de l’AJA participant au tournoi international de Ruffec en Charente, où 36 équipes s’affrontaient sur deux jours avec des matchs de 15 minutes sans mi-temps. L’équipe auxerroise termine à la 6e place après avoir remporté cinq victoires et concédé un nul le samedi, avant de faiblir le dimanche face à des adversaires plus forts et malgré la fatigue accumulée. Cette mise en scène ludique permet à l’ancien entraîneur de souligner les contraintes physiques de ces tournois jeunes (dix matchs représentant 1h30 de jeu, 400 km de trajet, chaleur estivale) tout en évoquant avec nostalgie la perspective d’un retour dans deux ans pour la catégorie U13.

Les victoires en coupe de France : les secrets de Guy Roux

En mai 2025 la Fédération Française de Football diffusait un documentaire sur la méthode Guy Roux et ses secrets d’entraineur. Il retrace l’incroyable épopée de Guy Roux à la tête de l’AJ Auxerre (AJA), détaillant les méthodes singulières et rigoureuses qui lui ont permis de remporter la Coupe de France à quatre reprises.

Voici les points clés qui constituent la « recette secrète » de Guy Roux :

1. Une préparation physique et scientifique

  • La mise au vert : dès 1979, Guy Roux instaure des retraites au calme, en pleine nature (comme à Château-Chinon), pour préparer son équipe loin de toute distraction,.
  • L’hypoxie (altitude) : pour donner un avantage physique à ses joueurs, il utilise l’altitude comme un « dopage naturel ». Il emmène ses joueurs s’entraîner à plus de 1 500 mètres pour augmenter leur taux de globules rouges et leur énergie.

2. Une discipline de fer et des « méthodes policières »

Pour Guy Roux, le repos est aussi important que l’entraînement. Pour s’assurer que ses joueurs ne sortaient pas la nuit, il utilisait des techniques de surveillance célèbres :

  • contrôle des compteurs kilométriques des voitures des joueurs.
  • réseau d’informateurs composé de restaurateurs, serveurs et vigiles de boîtes de nuit.
  • pression psychologique : lors de la célébration du doublé en 1996, il est resté assis sur une borne devant la seule sortie de l’hôtel jusqu’à 4h30 du matin pour empêcher toute sortie nocturne.

3. Une obsession du détail et de l’adversaire

  • Anticipation des « traquenards » : Guy Roux refusait de sous-estimer les petites équipes. Il allait parfois jusqu’à passer lui-même le rouleau sur le terrain le matin du match pour s’assurer que la pelouse favorisait son équipe.
  • Scouting intensif : il appelait les commerces locaux (boulangeries, bistros) pour obtenir des informations sur ses adversaires amateurs.
  • Tactique évolutive : bien qu’attaché au marquage individuel, il a su faire évoluer son équipe vers une défense de zone en 4-3-3 pour s’adapter au football moderne.

4. Un management paternel mais exigeant

Guy Roux ne donnait jamais d’amendes financières mais utilisait des « jokers » pour les retards. En cas de récidive, le joueur devait s’entraîner seul dans le noir à 18h. Il entretenait une relation très proche avec ses joueurs, connaissant tout de leur vie personnelle pour mieux les protéger de la pression médiatique.

5. L’art du coup d’éclat (La finale de 2005)

Pour sa dernière finale, il a organisé l’acheminement de son meilleur joueur, Bonaventure Kalou, par avion privé depuis un match international en Afrique. Il l’a fait entrer en cours de match pour qu’il soit « le plus fort sur le terrain » et marque le but de la victoire à la dernière minute.

Analogie : la méthode de Guy Roux s’apparente à celle d’un horloger méticuleux. Il ne se contentait pas de remonter le mécanisme (l’entraînement), il surveillait chaque engrenage (la vie privée des joueurs), polissait les pièces (le terrain) et ajoutait parfois une pièce rare au dernier moment (le retour de Kalou) pour que la montre soit parfaitement précise le jour de la finale.

Sources


Histoire, Retour sur les grandes dates d’un club populaire, sur le site de l’AJA

Guy Roux : portrait du plus populaire des entraîneurs français, Laurent David Samama, La Règle du jeu, 12 juillet 2014

Centenaire du stade Abbé Deschamps, dossier de presse, 15 septembre 2018

Confidences, Guy Roux, Talent Sport, 2021

Auxerre, le système Roux, Astolfo Cagnacci, éditions Solar, 1995

Guy Roux, fermez le banc!, JDD, 26 août 2007

Guy Roux, champion du banc et des écrans, Hugo Borrel et Grégoire Molle, L’Yonne républicaine, octobre 2018

Portrait de l’entraineur Guy Roux, Sports 3 plus, archives INA

FAQ

Quel est l’âge de Guy Roux ?

Guy Roux est né le 18 octobre 1938 à Colmar. Il a 87 ans en 2026. Il détient par ailleurs le record du nombre de matchs dirigés en première division française avec 894 rencontres sur le banc entre 1980 et 2007.

Caroline Roux est-elle la fille de Guy Roux ?

Non. Guy Roux a un fils, François, né en 1965.

Qui est François Roux, le fils de Guy Roux ?

François Roux est le fils unique de Guy Roux, né en novembre 1965. Sa mère, femme de Guy Roux, était professeure agrégée de lettres. Diplômé de l’IECS, François Roux a construit sa carrière dans l’audiovisuel, loin du monde du football.

François Roux a-t-il des enfants ?

Oui, François Roux est père de trois enfants, qui sont donc les petits-enfants de Guy Roux. Il vit à Paris.

Quelle est la carrière de François Roux ?

François Roux a débuté à Eurosport de 1992 à 1997, avant d’intégrer NBC Universal. En 2001, il est nommé PDG de la chaîne 13e Rue, poste qu’il occupe pendant plusieurs années. Il a également dirigé la chaîne Sport+. C’est Jean-Claude Dassier qui l’avait fait entrer à Eurosport, après avoir lui-même recruté Guy Roux comme consultant sur TF1.

Qui est la femme de Guy Roux ?

Guy Roux s’est marié en juillet 1964 avec une professeure agrégée de lettres. Le couple n’a jamais divorcé, mais a fin par vivre séparé. Guy Roux a lui-même reconnu que sa passion dévorante pour le football avait pesé sur leur vie commune : son fils lui aurait dit, à 10 ans, « Papa, t’as les yeux vides. »

Guy Roux est-il toujours vivant ?

Oui, Guy Roux, 87 ans, est vivant et bien portant en 2026. Sa longévité et sa présence médiatique régulière, il s’est notamment exprimé sur BFMTV en janvier 2026 après le décès de Rolland Courbis, alimentent pourtant régulièrement de fausses rumeurs sur les réseaux sociaux.

Guy Roux est-il le père de Caroline Roux ?

Non. Guy Roux n’a qu’un seul enfant, son fils François, né en novembre 1965. Caroline Roux, journaliste politique sur France 5, n’a aucun lien de parenté avec l’entraîneur auxerrois malgré la persistance de cette confusion sur Internet, vraisemblablement liée à l’homonymie.

Quelle est la vie privée de Guy Roux ?

Guy Roux est un homme discret sur sa vie personnelle. Marié en 1964, il s’est plus tard séparé de sa femme sans avoir jamais divorcé. Il est père d’un fils unique, François, et grand-père de trois petits-enfants. Passionné de vin de Bourgogne, il a investi au fil des années dans plusieurs groupements fonciers agricoles dans le Chablisien et en Côte d’Or. Il réside à Auxerre, ville à laquelle il consacre l’essentiel de son identité publique.

Quand Eric Cantona a-t-il joué à Auxerre sous Guy Roux ?

Cantona intègre le centre de formation de l’AJA à 15 ans et fait ses débuts en première division le 5 novembre 1983 contre Nancy, aux côtés d’Andrzej Szarmach, participant à une victoire 4-0. Il restera dans l’effectif auxerrois jusqu’en 1988, y inscrivant notamment un but décisif qui envoie Auxerre en Coupe d’Europe en 1985.

Quelle était la relation entre Guy Roux et Eric Cantona ?

Paternelle et exigeante. Cantona reconnaît aujourd’hui, avec un certain recul et de l’affection, le cadre éducatif strict qui lui était imposé (couvre-feux, sorties contrôlées) et considérait les responsables du centre presque comme des figures parentales. De son côté, Guy Roux avait régulièrement salué les qualités humaines de générosité de son ancien protégé, au-delà de son talent sportif.