
Née le 28 janvier 1873 à Saint-Sauveur-en-Puisaye dans l’Yonne (Bourgogne), l’écrivaine Colette a marqué son époque par son style d’écriture unique, gourmand, sensuel et sa personnalité hors du commun. Sa vie est un roman, un élan féministe.
Colette écrivaine : la rédaction de cette page reprend de manière fragmentaire le texte de la conférence Colette, le goût de la vie et la saveur des mots, par Pierre Pupier, donnée deux fois, aux entretiens de Senan le 23 avril 2005 et à l’Université pour Tous du Jovinien, le 19 mai 2010. Tous droits réservés.
Le banc de pierre, maison de Colette, Saint-Sauveur-en-Puisaye, 2010 © Benoît Pupier
Sidonie-Gabrielle Colette
Sidonie-Gabrielle Colette, connue simplement sous le nom de Colette, est l’une des figures les plus emblématiques de la littérature française du XX ème siècle.
Son nom de famille Colette vient du nom de son beau-père, le capitaine Jules-Joseph Colette, que sa mère Sidonie Landoy dite Sido a épousé en secondes noces.
En ce qui concerne l’utilisation du seul prénom Colette comme pseudonyme littéraire, cela reflète une évolution personnelle et professionnelle. Après avoir écrit sous le nom de Colette Willy avec son premier mari Henry Gauthier-Villars (dit Willy), elle a progressivement adopté simplement Colette, symbolisant ainsi son indépendance artistique et personnelle.
Qui est Colette ?
Sans doute d’abord pour les gens d’ici une enfant de Bourgogne ; à Saint-Sauveur-en-Puisaye le souvenir de la fillette aux longues tresses et au regard un peu triste que montrent les photos ; la Bourguignonne dont les « r » terriblement roulés rappellent une vie provinciale mythique.
Cela ne suffit pas. Les innombrables biographies et la légende créée par elle-même présentent une forte personnalité aux visages multiples, écrivain dont la vie à elle seule a pouvoir de roman.
L’écrivain est née le 28 janvier 1873 à Saint-Sauveur-en-Puisaye. Sidonie-Gabrielle (qui gardera comme nom d’écrivain le nom de son père) est la fille de Sidonie Landoy « Sido » et de Jules Colette « le capitaine ».

Où est la vraie Colette ? Est-ce la sauvageonne courant dans la campagne de Puisaye ? L’ingénue libertine et la jeune femme scandaleuse ? La femme libre ? La vieille dame du Palais-Royal avec ses chats et ses géraniums ? Colette amoureuse qui respire la volupté, la passion avec un grand fond de mélancolie ? Avec ses amants et amantes, et ses trois maris ? Avec Sido sa mère ou Bel Gazou sa fille ?
« D’un bout à l’autre de son existence, il y a eu cette unique fidélité : l’écriture, qui fait l’unité de sa vie. »
Colette, une certaine France, biographie de Michel del Castillo (Stock, 1999)
Colette, femme écrivain (portrait), hôtel Claridge, Agence Mondial, 1932. Source : BNF, Gallica.
La Bourgogne et Saint-Sauveur-en-Puisaye
La Puisaye, région natale de Colette, a profondément influencé son œuvre. Cette contrée de Bourgogne, caractérisée par ses paysages boisés et ses étangs, se reflète dans ses écrits avec une vivacité saisissante.

« Il y a encore, dans mon pays, une vallée étroite comme un berceau où, le soir, s’étire et flotte un fil de brouillard, un brouillard ténu, blanc, vivant, un gracieux spectre de brume couché sur l’air humide… Animé d’un lent mouvement d’onde, il se fond en lui-même et se fait tour à tour nuage, femme endormie, serpent langoureux, cheval à cou de chimère… Si tu restes trop tard penché vers lui sur l’étroite vallée, à boire l’air glacé qui porte ce brouillard vivant comme une âme, un frisson te saisira, et toute la nuit tes songes seront fous… »
Colette, Jour gris, Les vrilles de la vigne
Étang de Moutiers, 2010 © Benoît Pupier
Des correspondances se tissent entre le travail de l’artiste- peintre, Marcel Poulet, la poésie de l’écrivain et la musique de Maurice Ravel, son quatuor en Fa majeur.
Saint-Sauveur : le pays de l’enfance heureuse
Colette a grandi dans un environnement rural, entourée de la nature et de la simplicité de la vie provinciale. «J’aimais tant l’aube déjà que ma mère me l’accordait en récompense. J’obtenais qu’elle m’éveillât à trois heures et demie, et je m’en allais, un panier vide à chaque bras, vers des terres maraîchères qui se réfugiaient dans le pli étroit de la rivière, vers les fraises, les cassis et les groseilles barbues. » (Sido, p. 13)
C’est le paradis de l’enfance. L’aube est une règle d’existence et une philosophie de la création. Les champs, les bois deviennent un espace de liberté où goûter mille joies gourmandes, sensibles, sensorielles, sensuelles.
« Mon imagination, mon orgueil enfantins situaient notre maison au centre d’une rose de jardins, de vents, de rayons, dont aucun secteur n’échappait tout à fait à l’influence de ma mère. »
Colette, citation de Sido (p 15.)






La glycine au fond du jardin

« Maison et jardin vivent encore… (…) C’est alors que paraissait, sous l’arceau de fer ancien que la glycine versait à gauche, ma mère, ronde et petite (…) elle scrutait la verdure massive, levait la tête et jetait par les airs son appel : les enfants ! Où sont les enfants ? »
Colette, citation du livre La Maison de Claudine (p. 7)
La glycine, maison natale de Colette, Saint-Sauveur-en-Puisaye, 2010 © Benoît Pupier
Le paradis perdu

Sido et l’enfance de Colette, l’une et l’autre, l’une par l’autre furent heureuses.
Étang de Moutiers © Benoît Pupier
Puis vinrent aux jours de l’adolescence les difficultés quotidiennes et les réalités de la vie. « Ma douzième année vit arriver la mauvaise fortune, les départs, les séparations (… ) Je dus quitter ensemble le bonheur et mon plus jeune âge. » (Sido, p. 30-31). A Saint-Sauveur la romancière française aura passé dix-huit ans et demi d’une vie simple et sédentaire, près de la nature, mais plus bourgeoise que paysanne. A l’automne 1891, la maison est vendue, la famille déménage pour Châtillon-sur-Loing.
Le paradis était perdu. Un paradis païen. Désormais une lancinante nostalgie va hanter l’existence de Colette : la nostalgie du jardin originel de l’enfance où elle ne reviendra jamais. Ce jardin et cette enfance seront l’humus de l’inspiration autobiographique, celle de ses meilleurs livres : La Maison de Claudine, Sido, Les Vrilles de la vigne et La Naissance du jour.
Sido, la mère idéalisée
Il faut bien rappeler que l’image que l’écrivaine a donnée de sa mère dans ses livres est littéraire, poétique, mythique : la Sido réelle différait de la Sido retouchée par la mémoire et le chant imaginaire de Colette, la belle figure de Sido, « parée d’enfants, de fleurs et d’animaux comme un domaine nourricier ».
Il n’est pas bien sûr que du vivant de Sido Colette ait répondu à cet amour maternel. « Ma sainte mère est insupportable : non qu’elle soit gravement malade, mais elle a une crise de Je veux revoir ma fille ( … ). »
Elle vint rarement lui rendre visite. Elle n’a pas assisté à son enterrement. Certes cela ne supprime pas les sentiments profonds, mais est révélateur d’un autre aspect des relations mère-fille (que reproduira d’ailleurs Colette avec sa propre fille, Bel Gazou). C’est la marque aussi d’un goût de la vie qui refuse la mort.
C’est que Sido manifestait aussi une vigoureuse volonté de domination. L’amour maternel possessif, excessivement protecteur, peut enclore les siens dans un univers étouffant et ouvrir à la crainte du monde extérieur, à l’angoisse de la mort, quand il n’y a de sacrée que la nature et le bonheur du jardin natal.
Il faudra à Colette se désentraver de ces liens (plus tard c’est des hommes qu’elle aura à se désentraver), gagner en autonomie. Et peut-être que son style dira aussi l’angoisse en même temps que l’extase.
Dans l’ABCdaire de Colette, Guy Ducrey remarque, sur les centaines de photos de l’écrivain une saisissante absence de sourire. Il l’analyse ainsi : c’est l’image « d’une romancière occupée à la conquête âpre d’elle-même », et qui « méchante à l’homme, puise dans le regard animal la leçon d’une ascèse hautaine. »
Biographie de Colette : vie amoureuse et littéraire
Le mariage avec Willy
À 20 ans, le 15 mai 1893, Colette épouse Henry Gautier-Villars, dit Willy, un critique musical et journaliste. Willy, figure de la société parisienne, est aussi auteur de romans légers écrits à la chaîne par des « nègres ». Avec son père, Colette avait déjà rencontré Willy à Paris quelques années auparavant. Fut-elle la petite provinciale se jetant à la tête de Willy pour quitter Châtillon ? Fut-elle la jeune femme déracinée s’unissant à la mélancolie d’un homme mûrissant et scandaleux, l’homme le plus scandaleux de la Belle Époque ?
Colette et Willy, les débuts littéraires
Willy a joué un rôle décisif dans la révélation du talent littéraire de Colette. Mêlée aux milieux littéraires parisiens, elle participe aux ateliers de Willy avec les autres « nègres ». Elle a un brin de plume. À court d’argent (comme souvent) Willy lui demande de rédiger les souvenirs de son enfance bourguignonne qu’elle sait si bien raconter. Cela donnera naissance à Claudine à l’école.
Les feux de la rampe
Après son divorce avec Willy, Colette est alors tentée par la scène et les feux de la rampe à la fois pour gagner sa vie et par goût, en revendiquant sa liberté et son bon plaisir. Elle se produit au Moulin Rouge. Ce désir d’être mime, danseuse, actrice, s’accorde à son tempérament. Dans un livre, recueil de nouvelles, L’Envers du music-hall (1913), elle racontera ce monde du théâtre, du music-hall, la vie de troupe, les tournées.
« Partir, repartir, oublier qui je suis et le nom de la ville qui m’abrita hier, penser à peine, ne refléter et retenir que le beau paysage qui tourne et change au flanc du train, l’étang plombé où le ciel bleu se mire vert, la flèche ajourée d’un clocher cerné d’hirondelles… »
Les scandales se déchaînent, d’autant que Colette affiche aussi des liaisons féminines, en particulier avec Missy qui est la duchesse Mathilde de Morny, auprès de qui Colette trouve un confort matériel et un refuge sentimental. Avec l’argent de Missy est achetée la maison de Rozven pour des étés heureux en Bretagne. Mais Colette se lasse d’être trop aimée. Des hommes, Auguste Hériot (des magasins du Louvre, très riche) et puis surtout Henry de Jouvenel apparaissent dans sa vie. La liaison avec Missy est interrompue ; Missy qui deviendra « la vieille amie », mais abandonnée au vieillissement et à la tristesse.
La Baronne de Jouvenel
C’est probablement au journal Le Matin où elle collabore qu’elle rencontre le baron Henry de Jouvenel, l’un des deux rédacteurs en chef. Avec son mariage, le 19 décembre 1912, elle devient baronne de Jouvenel. Le 3 juillet 1913 naît leur fille la petite Colette, surnommée Bel Gazou. Mère et fille ne vivront pas souvent ensemble. Comme on l’a dit au moment de la parution de leur correspondance, Colette fut une mère aux herbes amères et les deux femmes se sont cherchées sans jamais se trouver ; la tendresse tardive fut surtout épistolaire. Colette, mère à 41 ans, était en pleine magnificence de sa carrière littéraire.
Madame Colette
C’est pendant la guerre que dans l’opinion s’est transformée son image. Il y avait une curiosité malsaine autour de la femme scandaleuse. Elle devient Madame Colette, journaliste, critique de cinéma et de théâtre, écrivain aimé pour ce qu’elle écrit. Son activité est prodigieuse. D’abord c’est une intrépide, et dans ses manières souvent rudes et provocantes, et dans une énergie qui n’a peur de rien : baptême de l’air, ballon dirigeable, gym, leçon de boxe… Elle écrit, mais elle est aussi directrice littéraire (elle découvre Simenon), donne des conférences, fait l’actrice (dans La Vagabonde).
Colette qui s’était rapprochée de Bertrand de Jouvenel, le fils aîné d’Henry, finit par s’éprendre de lui, et elle va faire son éducation sentimentale pendant l’été de 1920 à Rozven. Bertrand a dix-sept ans, Colette quarante-neuf. Ce sera une liaison de cinq ans, sorte de passion incestueuse. Subissant l’ascendant de Colette, Bertrand tient peut-être la place du fils qu’elle aurait aimé avoir. Mais on peut imaginer aussi les sentiments de Bel Gazou la fille de Colette. Cette éducation sentimentale, rite de passage et trouble de l’émotion sensuelle, est transposée dans Le Blé en herbe (1923) dont l’action se déroule sur la côte bretonne.
Les bonheurs d’arrière-saison et la maturité de l’écrivain
1925. Divorce avec Henry de Jouvenel. Fin de la liaison avec Bertrand. L’auteure, qui a 52 ans, a le sentiment d’entrer dans « l’arrière-saison de son âge ». Mais elle conserve toute son énergie vitale. Après la désertion du deuxième mari et la suppression de son poste de journaliste au Matin, elle se consacre à son encrier : écrit La Fin de Chéri, Sido… Et aussitôt elle conquiert celui qui deviendra son troisième mari dix ans plus tard, qui va partager presque trente ans de sa vie. Maurice Goudeket, son cadet de seize ans, d’une famille de diamantaires, est négociant en perles.
Changement d’homme, changement de mer. Elle découvre la
Provence l’été et la Côte d’Azur. En 1926 elle achète à Saint Tropez une maison qui s’appelle la « Treille muscate ».
« Je n’aime pas écrire. Non seulement je n’aime pas écrire, mais j’aime surtout ne pas écrire. » répond Colette à un journaliste en ne plaisantant qu’à moitié. Cela dit, elle a beaucoup travaillé, elle a beaucoup écrit.
Le 5 janvier 1938, elle emménage pour ne plus le quitter, dans
l’appartement rêvé au premier étage du Palais-Royal, où elle a un grand bureau avec vue sur les jardins dont elle fait sa province parisienne. La légende se fixe. Couverte d’honneurs (élue à l’Académie royale de Belgique, elle est élue aussi membre de l’Académie Goncourt) elle devient la bonne dame du Palais-Royal. Elle reçoit les visites de Jean Cocteau, de Jean Marais…
Colette à sa mort en 1954 a droit à des obsèques nationales. Peut-être parce que sa carrière correspondait bien à ce que Michel Del Castillo appelle « une certaine France », c’est à dire la France de la Troisième République.
De la mort, elle disait que cela ne l’intéressait pas. « La mienne non plus d’ailleurs », cite Samia Bordji. « Au moment où elle s’est éteinte, elle était l’écrivain français le plus connu dans le monde. » C’était dans la soirée du 3 août 1954, dans son appartement parisien. Comme « endormie », sans aucune autre disposition laissée que celle de refuser qu’on la voit sans vie.
« C’était conforme à sa manière d’être », développe Samia Bordji, directrice du musée Colette, à Saint-Sauveur. « Quelques personnes ont entravé l’interdit qu’elle avait fixé, notamment Jules Roy. » Dans un ouvrage de souvenirs personnels, la médecin de l’écrivaine, Marthe Lamy raconte que « la nuit du 3 au 4 août a été la plus épouvantable de sa vie. Sa gouvernante était là. Elles l’ont coiffé, maquillé, habillé une dernière fois. » Quelques heures plus tôt, « elle a demandé à voir ses collections de papillons et elle a bu une gorgée de champagne. Jusque dans les dernières semaines, elle demandait à voir des photos de son enfance, de ses camarades de classe de Saint-Sauveur. Elle avait gardé sa lucidité. » Mais s’éteignait à petit feu. « Comme une lampe à pétrole », comparait Jean Cocteau. Son mari, lui, dira qu’elle a « laissé son visage sur le côté par un mouvement d’une grâce infinie. »
Le 3 août 1954, Colette s’éteignait dans son appartement parisien, par Caroline Girard, l’Yonne républicaine, 9 août 2021
« En somme, j’apprenais à vivre. On apprend donc à vivre ? Oui, si c’est sans bonheur. La béatitude n’enseigne rien. Vivre sans bonheur, et n’en point dépérir, voilà une occupation, presque une profession. »
Mes apprentissages, 1949
L’Enfant et les Sortilèges, Colette et Maurice Ravel
L’Enfant et les Sortilèges est une fantaisie lyrique en deux parties, composée par Maurice Ravel entre 1919 et 1925, en collaboration avec Colette qui a écrit le livret. Le livret se caractérise par son humour et son anticonformisme, abordant des thèmes chers à Colette comme l’enfance.
L’histoire met en scène un enfant de sept ans qui, puni par sa mère pour sa paresse, se met en colère et saccage sa chambre. Les objets et les animaux qu’il a maltraités prennent alors vie et se révoltent contre lui.
Colette dépeint avec justesse la violence et l’innocence des enfants, ainsi que leur imagination fertile. Elle replace l’enfant dans son rôle d’apprentissage, montrant comment il grandit à travers cette expérience.
Le projet a débuté en 1915 lorsque Jacques Rouché, directeur de l’Opéra de Paris, a demandé à Colette un livret de féérie-ballet. Colette a choisi Ravel pour la musique, mais la guerre a retardé la réalisation du projet.
Ravel a déclaré en 1925 que la partition de L’Enfant et les Sortilèges est « un mélange très fondu de tous les styles de toutes les époques, de Bach jusqu’à… Ravel ». L’œuvre a été créée en première mondiale à l’Opéra de Monaco en 1925, rencontrant un succès immédiat et éclatant.
Biographies et portraits de Colette
Le génie féminin, Julia Kristeva
Julia Kristeva, dans son essai Le génie féminin (Fayard, 2002), examine la vie et l’œuvre de trois figures féminines marquantes : Hannah Arendt (1906-1975), Melanie Klein (1882-1960) et Colette (1873-1954). Cette étude approfondie explore comment ces femmes ont engagé leur existence et leur pensée pour éclairer les enjeux majeurs de leur époque. Kristeva analyse leur contribution unique dans les domaines de la philosophie politique, de la psychanalyse et de la littérature respectivement, soulignant leur impact durable sur la culture et la pensée du XX ème siècle.
Sidonie Gabrielle Colette, Emmanuelle Lambert

Emmanuelle Lambert dresse un portrait littéraire illustré par les photographies d’Henri Cartier-Bresson, Robert Doisneau, Gisèle Freund, Lee Miller et Irving Penn entre autres.
« Merci à Colette d’avoir été si célèbre parce que les plus grands photographes du XXᵉ siècle l’ont photographiée – Henri Cartier-Bresson, Robert Doisneau, Gisèle Freund, Lee Miller, Irving Penn entre autres ! Il s’agissait de trouver des images qui ne viennent pas illustrer le texte – cela ne m’intéressait pas du tout –, mais qui portaient un discours. Quand des portraitistes prennent une photo, ils disent quelque chose. J’ai décidé d’appliquer le même critère aux photographies « ordinaires ». Cette sélection est subjective, elle fait la part belle à l’émotion, mais n’est-ce pas le moteur de l’écriture ? Il faut bien sûr interroger les émotions. Exemple : quand on voit la jeune fille qui pose dans le jardin de ses parents, qui va être mariée à Willy, un noceur parisien beaucoup plus âgé, elle baisse les yeux, porte une jolie robe, un corset, ses cheveux sont longs : elle est belle. Puis on regarde une photo d’elle quelques années plus tard, les cheveux sont coupés, elle est en costume, sans corset, elle vit sa vie. Cette dichotomie m’interpelle : on passe de la jeune fille naïve et romantique – elle raconte dans Mes apprentissages qu’elle a failli mourir d’amour quand elle a découvert les infidélités de Willy – à la femme vengeresse. Non seulement elle a divorcé, mais elle a aussi liquidé ses maris dans ses livres, et notamment le premier de manière assez sévère, pour ne pas dire violente. Dans son autobiographie, elle le taille en pièces, c’est d’autant plus féroce et jubilatoire que Colette n’est pas si méchante que cela. Elle a pris le pouvoir de sa vie ; elle maîtrise son destin, son écriture, son corps, qu’elle développe à la fois dans la bisexualité et dans l’exercice de la scène. À partir de là, personne ne peut l’arrêter. »
Emmanuelle Lambert, « Colette fait de son corps une arme et une âme publiques », propos recueillis par Valérie Toranian et Aurélie Julia, La Revue des Deux Mondes, février 2023
Marcel Poulet, Colette et le quatuor en fa de Ravel
Les textes de l’écrivaine née en Bourgogne ont inspiré le peintre Marcel Poulet, originaire de Puisaye.

« – Quand j’ai peint la série sur Colette, j’ai écouté en boucles le quatuor en fa de Maurice Ravel, c’est exactement l’illustration du texte de Colette, « j’appartiens à un pays que j’ai quitté », il y a exactement les mêmes mots, aux phrases du texte correspondent dans le quatuor exactement les mêmes choses, aussi, c’est assez étonnant, je trouve les correspondances manifestes, chez Colette il y a des choses qui ont extrêmement d’importance, les couleurs, les odeurs… On retrouve ça dans le quatuor de Ravel… »
« – Chez Colette les couleurs ont des sons.
– Oui, absolument. Chez Ravel, le travail sur les timbres qui évoquent les couleurs, il y a une correspondance…
– C’est beau cette phrase, « j’appartiens à un pays que j’ai quitté ».
– Oui, oui, c’est le début d’un texte magnifique. Musicalement déjà aussi. C’est un texte magnifique sur sa région natale, la Puisaye. »
Étang de Moutiers © Benoît Pupier





L’envers du Music-Hall, source d’inspiration de Tournée, film de Mathieu Amalric

Le film Tournée (2010) de Mathieu Amalric suit Joachim, un ancien producteur de télévision, qui organise une tournée en France pour un groupe de performeuses de New Burlesque américaines. Inspiré par les écrits de Colette sur le music-hall, le film explore les thèmes de la liberté, de la résistance aux normes sociales et de la quête de sens à travers des personnages en marge. Amalric, qui joue également le rôle principal, met en scène des numéros burlesques mêlant humour, sensualité et émotion, tout en questionnant les frontières entre fiction et documentaire. Le film, sélectionné pour le Festival de Cannes, célèbre la beauté et la diversité des corps, tout en offrant une réflexion sur la solitude et la recherche de connexion humaine.
« Et c’est un texte de Colette, L’envers du Music-Hall que je trainais dans mes poches depuis longtemps qui est remonté à la surface.
Des notes de tournée, prises pour un journal qui les publiait en feuilleton, comme des croquis sublimes de sa vie d’actrice, de pantomime un peu scandaleuse (Colette avait déjà entre 33 et 39 ans), égarée en province : « Nous courrons vers l’hôtel, vers la loge étouffante, et la rampe qui aveugle. Nous courrons, pressés, bavards, avec des cris de volaille, vers l’illusion de vivre très vite, d’avoir chaud, de travailler, de ne penser guère, de n’emporter avec nous ni regret, ni remords, ni souvenir… »
On a cherché des équivalents aujourd’hui, dans le striptease, dans la nuit, ailleurs, mais ça n’allait pas, on ne retrouvait pas l’attrait pour le mouvement, le goût de Colette pour une provocation pleine de santé, comme une déclaration de liberté, par le corps. Tout nous ramenait à des histoires de nécessité, de prisonnières.(…) Et soudain la sensation que Colette était là, dans cette sensualité drôle et torride, cette affirmation intime et politique de la beauté possible de tous les corps, de tous les âges, si hors code soient-ils, avec le plaisir dangereux à le faire, la timidité, le courage physique, la fragilité suspendue… »
Mathieu Amalric, dossier de presse
Souvenirs de Colette, lieux de visite et d’études
La maison de Colette à Saint-Sauveur-en-Puisaye

Cette maison où l’écrivaine a passé son enfance, est un lieu emblématique de son œuvre et de son imaginaire. Construite au début du XIXe siècle, cette demeure bourgeoise se compose de deux corps de bâtiment, avec une façade principale ornée d’un perron double et de grandes fenêtres. Colette y a vécu jusqu’à ses 18 ans, et cette maison a profondément marqué son écriture.
L’intérieur, restauré avec soin, reflète l’atmosphère de l’époque grâce à des détails comme le papier peint « gris de perle à bleuets » décrit dans La Maison de Claudine. Chaque pièce raconte une partie de sa vie : la chambre d’enfance exiguë sous la mansarde, la bibliothèque où elle passait des heures avec son père, ou encore le salon avec sa table de jeu et son piano. Le jardin, reconstitué d’après ses écrits, comprend une glycine bicentenaire et des espaces comme le « jardin d’en face » et le « jardin du haut ».
La maison, présidée par Frédéric Maget, est ouverte au public depuis 2016, et propose une expérience immersive dans l’univers de Colette. Elle accueille des festivals, comme « Comme ça me chante ! » dédié à la musique française, et le Festival international des écrits de femmes. Des ateliers culinaires sont également organisés dans la cuisine de Sido, inspirés par la gastronomie locale et les écrits de Colette.
Le musée Colette à Saint-Sauveur-en-Puisaye
Le musée Colette, situé à Saint-Sauveur-en-Puisaye et dirigé par Samia Bordji, est dédié à la vie et à l’œuvre de l’écrivaine française Colette. À travers des expositions permanentes et temporaires, le musée retrace le parcours littéraire de l’autrice, ses relations personnelles et professionnelles, ainsi que son impact sur la culture et la société de son époque. Les visiteurs peuvent découvrir des manuscrits originaux, des lettres écrites de sa main, et des éditions rares de ses œuvres comme « Claudine à l’école » ou « La Maison de Claudine ».
Parmi les trésors exposés, des photographies intimes montrent Colette avec ses amis écrivains ou dans son jardin, offrant un aperçu de sa vie privée. L’escalier central, orné de citations célèbres de Colette, guide les visiteurs à travers les différentes étapes de sa vie et de sa carrière. Des objets personnels, tels que son bureau d’écriture, ses bijoux et des souvenirs de ses voyages, sont également présentés, offrant un aperçu unique de son processus créatif et de son univers intime. Les expositions temporaires explorent des thèmes variés comme l’émancipation féminine, la nature, l’amour et la maternité, en lien avec les écrits de Colette.
Le musée organise régulièrement des événements culturels, des conférences et des ateliers pour approfondir la connaissance de l’œuvre de Colette et inspirer de nouvelles générations de lecteurs et d’écrivains. Ces initiatives permettent de maintenir vivante la mémoire de Colette et de célébrer son héritage littéraire.
Samia Bordji a publié une biographie Tout sur Colette (ou presque) aux éditions Cours toujours. Dans cette collection on trouve aussi : Tout sur La Fontaine (ou presque), Tout sur Alexandre Dumas (ou presque), Tout sur Jules Verne (ou presque). Et bientôt Tout sur Camille et Paul Claudel (ou presque).
La Société des amis de Colette
La Société des Amis de Colette est une une association loi 1901 dédiée à la promotion et à la préservation de l’œuvre de l’écrivaine française Colette. Fondée en 1972, cette société regroupe des passionnés de littérature, des chercheurs, des universitaires et des admirateurs de Colette, qui souhaitent honorer sa mémoire et faire connaître son travail à un public plus large.
Objectifs de la Société des Amis de Colette
- Promotion de l’œuvre de Colette : la société organise des conférences, des colloques et des expositions pour mettre en lumière les différentes facettes de l’œuvre de Colette, qui inclut des romans, des nouvelles, des pièces de théâtre et des écrits journalistiques.
- Publication et recherche : elle publie régulièrement des bulletins et des ouvrages consacrés à Colette, et encourage la recherche académique sur son œuvre. La société collabore également avec des institutions universitaires pour soutenir des projets de recherche.
- Préservation du patrimoine : la Société des amis de Colette œuvre pour la conservation des manuscrits, des correspondances et des objets personnels de l’écrivaine. Elle participe également à des initiatives visant à protéger les lieux emblématiques liés à la vie de Colette.
- Événements culturels : des lectures publiques, des projections de films adaptés de ses œuvres et des visites guidées sur les traces de Colette sont organisées pour le grand public.
Le Centre d’Études Colette
Le Centre d’Études Colette rassemble et conserve les archives, manuscrits et objets personnels de Colette. Il encourage la recherche académique et organise des colloques, conférences et expositions pour partager les résultats de ces travaux.
Le centre collabore avec des universités, des chercheurs et des artistes pour enrichir la compréhension de l’univers créatif de Colette. Il publie régulièrement des ouvrages, des essais et des recueils de correspondances, contribuant ainsi à la diffusion de ses écrits et de ses idées.
FAQ
Pourquoi Colette est-elle célèbre ?
Son statut d’icône féministe avant l’heure.
Son style d’écriture unique, mêlant sensualité et descriptions vivantes.
Son exploration des thèmes de la liberté féminine et de la sexualité.
Sa carrière variée, allant de l’écriture à la performance scénique.
La romancière aimait les animaux, les chats. Elle publie Dialogues de bêtes.
Quel est le prénom de Colette écrivain ?
Le prénom complet de l’écrivaine Colette est Sidonie-Gabrielle ; elle est connue sous le nom de plume « Colette » mais est née Sidonie-Gabrielle Colette en 1873 à Saint-Sauveur-en-Puisaye.
Quels sont les livres les plus célèbres de Colette ?
Quels livres choisir ?
La série des Claudine (1900 – 1907) : premier succès littéraire de Colette, ensemble de romans écrits initialement sous le nom de son mari Willy (Claudine à l’école, Claudine à Paris, Claudine en ménage, Claudine s’en va, La Retraite sentimentale).
Chéri (1920) : roman emblématique traitant des relations amoureuses, explore les thèmes de l’âge et du désir.
La Naissance du jour (1927) : recueil de souvenirs, une célébration qui réunit Sido, l’amour, l’amitié, la Méditerranée, les bêtes
Sido (1929) : hommage à sa mère, reconstruction littéraire du personnage de Sido, portrait intime et sensible, récit autobiographique, évocation nostalgique de sa Puisaye natale.
Le blé en herbe (1923) : œuvre provocatrice pour son époque, roman sur l’éveil sexuel des adolescents.
La Vagabonde (1910) raconte l’histoire de Renée Néré, une femme divorcée qui choisit de vivre librement en devenant danseuse de music-hall. Ce roman autobiographique explore les thèmes de l’émancipation féminine, de l’amour et de la quête de soi. Renée Néré, arpente l’avenue des Champs-Elysées en quête de liberté et d’indépendance. En 1923, Colette et Léopold Marchand adaptent le roman pour le théâtre. La pièce, créée au Théâtre de la Renaissance à Paris, met en scène ces thèmes avec émotion et sensibilité.
Le Pur et l’Impur (1932) est un recueil de chroniques. Dans cet ouvrage, l’auteure explore des thèmes variés à travers des réflexions personnelles et des observations sur la société, la nature humaine et les relations interpersonnelles. Le titre reflète la dualité des sujets abordés : le « pur » évoque des moments de beauté, de simplicité et de vérité, tandis que l’ »impur » se penche sur les aspects plus sombres ou complexes de la vie.
Quelles sont les biographies de Colette ?
Colette, Claude Chauvière (Firmin-Didot, 1931)
Colette libre et entravée, Michèle Sarde (Stock, 1978)
Amoureuse Colette, Geneviève Dormann (Albin Michel, 1984)
Colette, une certaine France, Michel del Castillo (Stock, 1999)
Colette, Alain Brunet et Claude Pichois (de Fallois, 1999)
Le Génie féminin. Tome III, Colette, Julia Kristeva (Fayard, 2002)
Colette intime, Gérard Bonal, Michel Rémy-Bieth (Phebus, 2004)
Colette , Gérard Bonal (Perrin, 2014)
Colette et les siennes, Dominique Bona (Grasset, 2017)
Les Sept Vies de Colette, Frédéric Maget (Flammarion, 2019)
Un été avec Colette, Antoine Compagnon (Équateurs, 2022)
Sidonie Gabrielle Colette, Emmanuelle Lambert (Gallimard, 2022)
Colette parlait-elle de politique ?
Pendant l’Occupation Colette connut quatre années de difficultés et de privations. Elle, la gourmande, ne craint pas de se ravitailler au marché noir. Elle ne s’était guère souciée des événements de 1936. Marque d’égoïsme, insouciance ? Elle ne traite jamais de politique.
Dans ses romans, derrière les phénomènes observés, elle refuse toute interprétation, toute théorie sociale ou politique.
Colette est bien obligée de composer avec les événements et la guerre. Le choc de sa vie est l’arrestation de Maurice Goudeket, qui était juif, le matin du 12 décembre 1941.
Quels thèmes abordent les œuvres de Colette ?
La nature : Colette célèbre la nature dans ses écrits, accordant une attention particulière au monde végétal et animal.
Les relations amoureuses : elle explore les difficultés des relations entre hommes et femmes, ainsi que la psychologie amoureuse.
Les souvenirs et l’enfance : beaucoup de ses œuvres sont inspirées de ses propres souvenirs, notamment ceux de son enfance (maison natale de Saint-Sauveur-en-Puisaye).
La sensualité et la féminité : ses écrits sont souvent décrits comme sensuels et passionnés, mettant en avant l’expérience féminine.
L’adolescence : Colette évoque avec indulgence les maladresses et les émois de l’adolescence.
La solitude : elle explore les émotions et les expériences intérieures liées à la solitude.
L’indépendance : c’est un thème récurrent dans son œuvre, notamment après son émancipation de la tutelle de Willy.
La vie mondaine et urbaine : elle contraste souvent la vie urbaine avec la nature idyllique de son enfance.
Chez Colette quelle est la relation entre l’autobiographie et la fiction ?
Mélange d’éléments autobiographiques et fictionnels : Colette brouille souvent les frontières entre réalité et imagination et joue de l’autofiction.
Jeu avec l’identité : bien que ses personnages ne portent pas toujours son nom, ils sont souvent considérés comme des alter ego de l’auteure.
Transformation artistique : Colette utilise ses expériences personnelles comme matière première, mais les transforme à travers son style d’écriture.
Refus de l’autobiographie traditionnelle : l’auteure rejette l’idée d’une autobiographie totale et avouée, préférant une approche plus fragmentée et artistique.
Comment Colette a-t-elle influencé la littérature française de son époque ?
Colette a profondément influencé la littérature française par son audace thématique, explorant frontalement la sexualité féminine, l’amour libre et l’intimité du corps et des sentiments, brisant ainsi de nombreux tabous de son époque.
Son style novateur, épuré, sensuel et d’une grande justesse, rompait avec l’académisme, privilégiant l’observation du quotidien, la description de la nature et la musicalité de la langue, ce qui a durablement influencé l’évolution stylistique du XXᵉ siècle.
Pionnière de l’autofiction, elle a habilement mêlé autobiographie et fiction dans ses récits, ouvrant ainsi une voie majeure pour ce genre.
Elle a également mis en valeur le terroir et la nature comme sujets littéraires essentiels, participant au mouvement régionaliste, même s’il faut toujours se méfier des étiquettes.
Enfin, en s’imposant comme une femme écrivaine indépendante et en vivant librement, Colette est devenue un symbole d’émancipation féminine, inspirant de nombreuses autrices.
Quels sont les films adaptés de l’œuvre de Colette ?
Claudine à l’école (1937), de Serge de Poligny avec Blanchette Brunoy
Gigi (1958) de Vincente Minnelli avec Leslie Caron, Maurice Chevalier, Louis Jourdan, 9 Oscars, dont celui du meilleur film.
Le Blé en herbe (1954), de Claude Autant-Lara, avec Edwige Feuillère, Nicole Berger, Pierre-Michel Beck
Chéri (2009), de Stephen Frears, avec Michelle Pfeiffer, Rupert Friend, Kathy Bates
Colette (2018), de Wash Westmoreland, avec Keira Knightley, Dominic West, Denise Gough
Combien de fois Colette s’est-elle mariée ?
Colette s’est mariée trois fois au cours de sa vie.
Henry Gauthier-Villars (dit Willy) : ariage le 15 mai 1893, divorce en 1906
Henry de Jouvenel : mariage en 1912, divorce en 1923.
Maurice Goudeket : mariage en 1935, qui dure jusqu’à sa mort en 1954
Où a habité Colette ?
Voici la liste des maisons et appartements où Colette a vécu :
Maison natale à Saint-Sauveur-en-Puisaye, Yonne (1873-1891) : Lieu de naissance et d’enfance de Colette.
Maison de Châtillon-Coligny, Loiret (1891-1893) : résidence après le départ de sa famille de Saint-Sauveur-en-Puisaye.
55 quai des Grands-Augustins, Paris (1893) : premier logement parisien avec Willy, au-dessus des éditions Gauthier-Villars.
28 rue Jacob, Paris (1893-1901) : déménagement au 3ème étage en juin 1893.
93 rue de Courcelles, Paris (1901-1902) : installation avec Henry Gauthier-Villars (Willy).
177 bis rue de Courcelles, Paris (1902-1906) : nouveau logement après le 93 rue de Courcelles.
44 rue de Villejust (aujourd’hui rue Paul Valéry), Paris (1906-?) : rez-de-chaussée où Colette s’installe seule après sa séparation de Willy.
2 rue Georges-Ville, Paris (dates précises inconnues) : résidence chez la marquise de Belbeuf (Missy).
Rue Saint Senoch, Paris (dates précises inconnues) : autre adresse partagée avec Missy.
Maison de Rozven, Saint-Coulomb près de Saint-Malo, Bretagne (à partir de 1910) : propriété achetée par Missy puis cédée à Colette.
57 rue Cortambert, Passy, Paris (1911-?) : emménagement avec Henry de Jouvenel.
Château de Castel-Novel, Varetz, Corrèze (dates précises inconnues) : résidence avec Henry de Jouvenel.
9 rue de Beaujolais, Paris (1926-1930) : premier séjour au Palais-Royal, dans un entresol surnommé « le Tunnel ».
La Treille Muscate, Saint-Tropez (1926-1938) : résidence avec Maurice Goudeket.
La Gerbière, Méré (1930-1932) : maison achetée puis revendue rapidement.
Hôtel Claridge, 37 Rue François-1er, Paris (1930-1938) : appartement au dernier étage.
33 rue de Marignan, Paris (dates précises inconnues) : appartement au 8ème étage après la faillite du Claridge.
9 rue de Beaujolais, Paris (1938-1954) : retour au Palais-Royal, cette fois au premier étage, où Colette vivra jusqu’à sa mort.
Qui sont les descendants de Colette ?
Colette, grande figure de la littérature française, n’a eu qu’une fille, Colette de Jouvenel dite « Bel-Gazou », née en 1913 de son union avec Henry de Jouvenel ; aucune postérité ultérieure ni petits-enfants ne sont recensés, la lignée familiale s’arrêtant donc à sa fille unique.
De quoi est morte Colette ?
Colette est morte le 3 août 1954 à Paris, à l’âge de 81 ans. Elle souffrait depuis plusieurs années de polyarthrite, une maladie invalidante qui a marqué la fin de sa vie. Malgré sa notoriété, elle n’a pas eu d’obsèques religieuses mais a reçu des funérailles nationales. Colette repose au cimetière du Père-Lachaise à Paris.
Où est enterrée Colette ?
Le 3 août 1954, Colette meurt à Paris. Elle reçoit des funérailles nationales, une première pour une femme.
Elle est enterrée au cimetière du Père-Lachaise à Paris.