Les plus beaux textes sur la marche : citations et paroles d’écrivains

Pilat

De nombreux écrivains ont fait de la marche un élément central de leur existence et de leur processus créatif, transformant ainsi le temps des chemins en un temps fertile pour l’écriture. Ces beaux textes sur la marche témoignent de cette relation privilégiée entre littérature et marche à pied. Des citations de Rousseau proclamant « jamais je n’ai tant pensé qu’en marchant » aux paroles de Nietzsche affirmant que « seules les pensées qu’on a en marchant valent quelque chose », les grands écrivains marcheurs ont célébré cette pratique.

Livres, récits de randonnée et textes philosophiques composent une riche bibliothèque dédiée à l’art de marcher. Cette page rassemble les plus belles citations et extraits d’auteurs qui ont su transformer leurs pas en mots, leurs sentiers en inspiration littéraire.

Depuis la chapelle de Saint-Sabin, vue du versant du Pilat vers l’Ardèche et au loin les Cévennes © Pierre Pupier

La rédaction de cette page reprend de manière fragmentaire le texte de la conférence Chemins d’écrivains. Une littérature de la marche., par Pierre Pupier, donnée à l’Université pour Tous du Jovinien, le 10 octobre 2017. Tous droits réservés.

Les plus beaux textes sur la marche et ses bienfaits littéraires

Les écrivains et la marche c’est une longue histoire. Les citations sont nombreuses. La marche est une source d’inspiration et de liberté.

« L’espèce humaine commence par les pieds, même si la majorité de nos contemporains l’oublient et pensent que l’homme descend simplement de sa voiture » dit l’ethnologue Leroi-Gourhan.

Le sociologue David Le Breton prolonge cette réflexion dans « Marcher. Éloge des chemins et de la lenteur » (2012), défendant la marche comme « un acte de résistance civique privilégiant la lenteur, la conversation, la gratuité« . Pour lui, « la marche est inutile comme toute activité essentielle » : elle privilégie la disponibilité et la reconnexion avec nos sens, valeurs opposées aux impératifs d’efficacité de notre époque.

Une marche, même de quelques heures, instaure une distance propice avec le monde, une transparence à l’instant, elle plonge dans une forme active de méditation, de contemplation. Elle donne sa pleine mesure à l’intériorité. Détour pour rassembler les fragments épars de soi, elle remet en ordre le chaos intérieur, elle n’élimine pas la source de la tension, mais change le regard sur elle.

David Le Breton, tribune Reporterre, 21 juillet 2022

Beaux textes sur la marche : motivations des écrivains marcheurs

Pourquoi marcher ? Quelles sont les motivations de l’écrivain-marcheur ?

Jean-Jacques Rousseau, les rêveries du promeneur solitaire

La marche libère l’esprit des contraintes du quotidien et ouvre la voie à l’inspiration. Jean-Jacques Rousseau, fervent défenseur de la marche, soulignait son importance dans son processus de création : « Jamais je n’ai tant pensé, tant existé, tant vécu, tant été moi, si j’ose ainsi dire que dans les voyages que j’ai faits seul et à pied. La marche a quelque chose qui anime et avive mes idées ; je ne puis presque penser quand je reste en place ; il faut que mon corps soit en branle pour y mettre mon esprit. » (Confessions, Livre IV, 1782). Sa vie et son œuvre sont intimement liées à ses pérégrinations, des routes de Savoie aux chemins de campagne suisses, chaque pas nourrissant sa réflexion et alimentant son écriture. Son œuvre se construit au fil de ses pas comme en témoigne son livre Rêveries du promeneur solitaire (1782).

Les rêveries du promeneur solitaire, Jean-Jacques Rousseau
Rêveries du promeneur solitaire, Jean-Jacques Rousseau, 1782 © BnF, Gallica

C’est en interrompant sa marche, allant voir Diderot emprisonné à Vincennes, en 1749, qu’il découvre le prétexte à son Discours sur les sciences. Il révèle avoir composé le Discours sur l’origine de l’Inégalité parmi les hommes grâce à un voyage de sept à huit jours à pied : « enfoncé dans la forêt, j’y cherchais, j’y trouvais l’image des premiers temps, dont je traçais fièrement l’histoire… Mon âme, exaltée par ces contemplations sublimes, s’élevait auprès de la Divinité… »  (Confessions, Livre VIII, 1782)

Victor Hugo, le besoin de liberté et d’indépendance

Victor Hugo (Le Rhin, 1842) exprime avec lyrisme le sentiment de liberté que procure la marche : « On s’appartient, on est libre, on est joyeux ; on est tout entier et sans partage aux incidents de la route, à la ferme où l’on déjeune, à l’arbre où l’on s’abrite, à l’église où l’on se recueille. On part, on s’arrête, on repart ; rien ne gêne, rien ne retient. On va et on rêve devant soi ».

Robert Louis Stevenson, la quête de sensations vivifiantes

Robert Louis Stevenson, dans Voyage avec un âne dans les Cévennes (1879), rejoint cet éloge de la liberté en affirmant que le véritable randonneur ne cherche pas tant le pittoresque que « certains états d’âme vivifiants – l’esprit et l’élan avec lesquels la marche débute le matin, la paix et la plénitude spirituelle qu’on goûte avec le repos du soir ». Elle permet de se reconnecter à soi-même et à la nature, de se libérer des contraintes du quotidien.

Friedrich Nietzsche, des pensées qui naissent sur les chemins

Friedrich Nietzsche affirmait que « seuls les pensées qu’on a en marchant valent quelque chose ». Pour lui, la marche est une condition sine qua non de l’écriture, un moyen de faire corps avec ses idées, comme il l’a démontré en écrivant Le Voyageur et son ombre (1879).

Après dix années difficiles d’enseignement, sa santé se dégrade violemment. Alors pour distraire la douleur il se lance dans de longues marches et de grandes solitudes, au bord des lacs, le lac Léman, dans l’ombre des forêts où avoir avec soi-même de « fameux entretiens ». Pouvant vivre modestement, pendant 10 ans, de l’été 1879 au début de 1889, on le voit les étés dans les montagnes des Alpes suisses et les hivers parcourant les collines de Gênes ou de Nice. Ce sont des promenades épuisantes, jusqu’à 8 heures par jour, extatiques, sur des chemins méditatifs. Quand il écrit Le Voyageur et son ombre (1879) il note : « Tout, à quelques lignes près, a été pensé chemin faisant et griffonné au crayon dans six petits cahiers. » En 1885 le héros philosophe qu’il crée à son image, Zarathoustra, vit, marche et pense comme lui.

Roger-Pol Droit analyse : « s’il pense à travers la marche c’est que le devenir est ce qui l’intéresse. Pas l’être. » Ce que Nietzsche voit en marchant c’est l’incessant changement, la métamorphose de toute chose.

Gustave Flaubert, la marche, un rythme propice à l’introspection

Les plaisirs de la marche semblent mal convenir à la pesanteur native de Flaubert, le cloîtré de Croisset, aux infinies ruminations de style, et qui rature comme on revient sur ses pas. « On ne peut penser et écrire qu’assis », écrit-il dans une lettre. Cette léthargie fait bondir Nietzsche : « Être cul de plomb, voilà par excellence le péché contre l’esprit ! Seuls les pensées qu’on a en marchant valent quelque chose. » Et pourtant c’est par le genre du récit de voyage, Par les champs et les grèves, « l’enchaînement des mots se calquant sur celui des pas », qu’a commencé son aventure littéraire. Avec son ami Maxime Du Camp, ils partent le 1er mai 1847. « On s’en va, sac au dos, souliers ferrés aux pieds, gourdin en main, fumée aux lèvres et fantaisie en tête, courir les champs (…) ». Il s’agit, en douze semaines de marche, de faire le tour d’une partie des côtes bretonnes en poussant jusqu’au Mont Saint-Michel. « C’est toujours un plaisir (…) de se promener à deux tout au travers, en marchant dans les herbes, en traversant les haies, en sautant les fossés, abattant les chardons avec votre bâton, arrachant avec la main les feuilles et les épis, allant au hasard comme l’idée vous pousse, comme les pieds vous portent, chantant, sifflant, causant, rêvant, sans oreille qui vous écoute, sans bruit de pas derrière vos pas, libres comme au désert ! »

D’un projet de livre à deux mains seul Flaubert écrira sa partie, qui ne sera publiée qu’en 1885. Le lyrisme d’une écriture aux échos romantiques rend compte de la « volupté robuste et singulière » de la marche. « Donnez au moins à mes narines le parfum de tous les vents de la terre, laissez s’en aller mes yeux vers tous les horizons ! » Les impressions de voyage ont la simplicité des choses vues et les notations sont d’un paysagiste minutieux qui a le don de voir « le dessin des varechs, la douceur des grains de sable, la dureté du roc (…), la frange des vagues, les découpures du rivage. »

La marche lui a permis de s’immerger dans les paysages, d’affûter son regard et de développer une écriture sensible aux détails.

Cyprien Mycinski, l’ouverture à l’inattendu et à la lenteur

Le jeune professeur d’histoire et journaliste, dans son récit Via Francigena. Traverser l’Italie à pied (2017), exprime son désir de « se rendre disponible à l’inutile », de rechercher « la lenteur, le hasard, l’imprévision ». La marche devient alors une invitation à l’exploration, à la découverte de soi et du monde.

Thoreau, s’immerger dans la nature

Marcher permet de s’immerger dans la nature, de s’ouvrir aux éléments et de se laisser imprégner par la beauté des paysages. Henry David Thoreau, figure majeure du nature writing, préconisait une immersion quotidienne dans la nature pour se maintenir en bonne santé physique et mentale : « Pour moi il m’est impossible de me conserver en santé et de bonne humeur, si je ne consacre pas au moins quatre heures par jour, et ordinairement davantage à vagabonder dans les bois, sur les collines et par les champs, dans une absolue indépendance à l’égard des engagements de ce monde. » (De la Marche, 1862) Son expérience de vie en solitaire dans une cabane au cœur de la forêt, relatée dans Walden ou la Vie dans les bois, témoigne de cette communion profonde avec la nature.

Livres sur la marche : récits d’écrivains français

La France offre une multitude de paysages et de chemins propices à la marche et à l’inspiration. De nombreux écrivains ont choisi de parcourir ces territoires, nourrissant leurs récits de leurs expériences et de leurs rencontres.

Lacarrière, chantre de la « durée réinstaurée »

Dans Chemin faisant : 1000 kilomètres à pied à travers la France d’aujourd’hui (1976), Jacques Lacarrière relate sa traversée de la France à pied, des Vosges aux Corbières. Il nous livre une chronique de son expérience, de ses rencontres avec les habitants, de sa reconnexion à la nature. Il célèbre la « durée réinstaurée » que crée la marche, un temps propice à l’introspection et à la découverte de soi.

Dans ces années 70 il se met dans la peau de l’errant, l’autre, l’étranger qui inspire la méfiance et qui doit affronter l’imprévu quotidien des rencontres.

Les gens, des inconnus qui pour un soir cessent de l’être, sont, selon les cas, réservés, voire hostiles, mais souvent curieux. Ils le trouvent téméraire de s’aventurer ainsi. Lui n’ose pas toujours dire qu’il est écrivain. Un jour qu’on le questionne : « Si ce n’est pas trop indiscret monsieur, qu’est-ce-que vous faites dans la vie ? » pour rassurer une femme qu’il intrigue il lui dit qu’il est professeur. « Alors elle a cette réponse inattendue : Je m’en doutais ! Je savais que vous étiez un original ! »

Un autre jour, au pied du mont Beuvray, c’est un Eduen, « visage de serpe et de faucille, entaillé, creusé, martelé », qui lui indique le chemin : « Tu prends là, aux quatre sapins, tu suis la conduite, tu longes le réservoir et tu coupes aux deux pâtures. » Lacarrière croit entendre un vieux barde.

Suivons-le encore un peu, du haut du mont Beuvray jusqu’aux monts de la Madeleine, en attendant la mer. Nous voici dans le « domaine des chemins creux bordés de saules ou de vieux châtaigniers. » Il y surprend « quelques écureuils, des pies grièches, des chiens hargneux et des hordes criardes de volailles en tout genre. » Il s’arrête dans des cafés, traverse quelques fois le parc d’un vieux château, s’égare dans les sentiers embrouillés d’un bois…

Qu’apprend-on sur les routes ? « Marcher c’est d’abord savoir s’arrêter, regarder, prendre son temps (…), sentir avec ses yeux et par ses jambes (…), retrouver son corps, renaître à la nature, aux herbes et aux paysages, et par là pouvoir penser et écrire. » 

Sur les chemins on vit au rythme des saisons et du temps qu’il fait. « Le temps atmosphérique n’est que la forme perceptible aux yeux, à l’épiderme et à nos sens, du temps chronologique, sa chair de vent, de soleil, de pluie, de neige ou de grisaille. Il n’est pas de temps-durée sans temps-saison. »

Aussi n’est-il « de vrai voyage qu’au cœur de cette durée réinstaurée que crée l’écoulement des sentes et des jours car elle agit sur le temps intérieur (…).»

Axel Kahn, une traversée sociologique

Le généticien et marcheur nous emmène dans sa traversée de la France, de la Vallée de la Meuse à Saint-Jean-de-Luz. Son récit, Pensées en chemin : Ma France, des Ardennes au Pays Basque (2014), est une chronique de la France réelle, de ses paysages et de ses habitants. Il observe les mutations économiques et sociales du pays, interrogeant le devenir de la France et de ses territoires. Il relate également une deuxième marche dans Entre deux mers. Voyage au bout de soi (2015).

Sylvain Tesson, sur les chemins noirs

Sylvain Tesson, aventurier et écrivain, choisit de parcourir la France par les chemins oubliés. Sur les chemins noirs (2016) : sa « cavale bocagère » est une forme de résilience, de reconnexion à la nature et à soi-même. Il explore les territoires délaissés, interrogeant la disparition de la France rurale et la transformation des paysages.

Textes sur la marche en montagne : défi physique et spirituel

La montagne, un défi physique et spirituel

La montagne, avec ses paysages grandioses et ses sentiers escarpés, représente un défi physique et spirituel pour les écrivains. La marche en montagne devient une quête de dépassement de soi, une expérience initiatique.

Pétrarque, pionnier de l’ascension littéraire

Au XIVe siècle, Pétrarque relate son ascension du Mont Ventoux dans une lettre à son directeur spirituel. Il décrit son expérience comme une initiation, une quête de dépassement de soi et d’élévation spirituelle. Sa lettre marque les débuts d’une littérature de montagne, où la marche devient une métaphore de l’ascension spirituelle.

Rousseau, la montagne, source de bonheur

Rousseau, dans La Nouvelle Héloïse, célèbre la beauté des Alpes et l’expérience exaltante de la marche en montagne. Il associe la montagne au bonheur, à la liberté et à la contemplation de la nature.

Antoine de Baecque, la montagne, une force vitale

L’historien et marcheur, critique de cinéma, nous livre son expérience de la traversée des Alpes dans La Traversée des Alpes. Il décrit la montagne comme une force vitale, une source d’énergie et de ressourcement. La marche en montagne devient pour lui une ascèse, un exercice de dépassement de soi et de communion avec la nature.

Le 6 septembre 2009 il s’était lancé, avec sur le dos un sac de 17 kilos, sur les 650 kms du GR5, le sentier de grande randonnée qui traverse les Alpes, du bord du lac Léman jusqu’à Nice, en 26 étapes de 7 à 9 heures de marche quotidienne. « Seule l’écriture pouvait tisser ensemble le journal intime d’une marche et sa réflexivité historienne. » Sur le terrain ce sont les archives naturelles et les sentiers qui gardent en mémoire le passage des bergers, des colporteurs, des soldats ou des pèlerins. « C’est en randonnant qu’on comprend une montagne, son histoire physique, son évolution géologique, son peuplement végétal, animal ou humain. » Voilà pour l’historien. Le marcheur, lui, s’est nourri de la montagne : elle « m’a endurci, j’ai sué sur elle : elle m’a donné son énergie (…) Marcher c’est tenter de recueillir cette force intense, cette wilderness, la sauvagerie, tout en se purgeant. La marche relève de cette ascèse au sens grec d’exercice, un programme d’exercices qu’on s’impose parce qu’ils participent à la construction de soi (…). »

Récits de pèlerinage à Compostelle, l’éloge de la marche vers la spiritualité

Depuis le Moyen Âge, le pèlerinage à Compostelle a inspiré une abondante littérature. Des récits de voyage aux guides pratiques, en passant par les témoignages spirituels, la littérature compostellane témoigne de l’attrait intemporel de ce chemin mythique. Parmi ces œuvres, on peut citer Le Guide du pèlerin de Saint-Jacques-de-Compostelle d’Aimery Picaud.

Alix de Saint-André, une quête spirituelle et humoristique

Dans En avant, route !, l’écrivaine raconte ses trois pèlerinages à Compostelle avec un ton humoristique et une grande sensibilité. Elle décrit les épreuves physiques et mentales du chemin, les rencontres cocasses et les moments de grâce qui jalonnent son parcours. « On part à la recherche de son âme, et on découvre qu’on a un corps, les pieds qui chauffent, comme rongés, mal aux genoux et dans les hanches, bientôt assommé par le Voltarène. (…). Il fallait d’abord s’incarner, et ça ne se faisait pas sans douleur. ».

Jean-Christophe Rufin, Compostelle malgré lui

Comme pause dans sa vie de médecin, d’ambassadeur et d’écrivain, Jean-Christophe Rufin décide de faire une grande marche solitaire. En alpiniste il pense d’abord à la traversée de Pyrénées en altitude. Ce sera finalement le Chemin de Saint-Jacques. Il n’est guère religieux, ne savait rien de Compostelle avant de partir. Alors, pourquoi ? Pour quelles raisons ? « (…) la simple évidence de la marche. On est parti, voilà tout. » Le Chemin « est une force. Il s’impose, il vous saisit, vous violente et vous façonne. »

Rufin choisit alors, sur 800 kms, le « Chemin du Nord » qui longe les Côtes basque et cantabrique puis traverse les montagnes sauvages des Asturies et la Galice. Il n’avait rien écrit, n’envisageait pas de raconter sa marche. Mais à son retour, un éditeur (et l’aide de quelque petit vin blanc) va le convaincre de rédiger ses souvenirs, Immortelle randonnée (2013) : « Je voyais revenir à moi des images de ciels éclatants et de sentiers boueux, d’ermitas solitaires et de côtes battues par les vagues. (…) Je commençais à y penser, à écrire et, en tirant le fil, tout est venu. »

Déneiger le ciel, roman d'André Bucher

Poésie & nature writing dans la vallée du Jabron : Déneiger le ciel d’André Bucher

Dans Déneiger le ciel, André Bucher raconte l’errance nocturne de David, un homme de 60 ans vivant isolé dans une ferme des montagnes de Haute-Provence. Ce 23 décembre, pour la première fois depuis vingt-six ans, il renonce à déneiger sa commune. Mais l’appel à l’aide d’un ami berger et la détresse d’Antoine, son « fils de rechange », l’entraînent à affronter à pied une nuit de tempête. Tandis qu’il lutte contre le froid et l’épuisement, la marche devient pour lui un voyage intérieur. David est hanté par les souvenirs de sa femme disparue, de sa fille en souffrance, et par ses propres regrets. La nature, tour à tour hostile et enveloppante, amplifie ses émotions et dévoile les blessures enfouies. Entre poésie et réalisme, Bucher explore la solitude, la résilience et la quête d’un apaisement à travers une écriture intense et sensible.


La marche, un chemin vers soi

La marche, au-delà de ses bienfaits physiques et de son pouvoir d’inspiration littéraire, est une invitation à la découverte de soi, du monde et de sa place dans l’univers. Elle nous permet de ralentir, de nous recentrer, de nous reconnecter à l’essentiel. Les écrivains-marcheurs nous invitent à suivre leurs traces, à explorer les chemins, à nous laisser surprendre par la beauté des paysages et à nous enrichir de l’expérience de la marche.

Bibliographie sélective des plus beaux livres sur la marche

  • de Baecque (Antoine), Une histoire de la marche, Perrin
  • de Baecque (Antoine), La Traversée des Alpes, Gallimard
  • de Baecque (Antoine), Les Godillots. Manifeste pour une histoire marchée, Anamosa
  • de Baecque (Antoine), Écrivains randonneurs, Omnibus
  • de Baecque (Antoine), Les voix de Compostelle, Omnibus
  • Barret (Pierre), Gurgand (Jean-Noël), Priez pour nous à Compostelle, Hachette Littératures
  • Cassingena-Trévedy (François), Cantique de l’Infini.stère, Desclée de Brouwer
  • Droit (Roger-Pol), Comment marchent les philosophes, Paulsen
  • Fabre (Jean-Henri), Une ascension au mont Ventoux, suivi de L’Ascension du mont Ventoux par Pétrarque, Rivages poche
  • Flaubert (Gustave), Nous allons à l’aventure, par les champs et par les grèves, Liv. de Poche
  • Gros (Frédéric), Petite bibliothèque du marcheur, Champs-Flammarion
  • Gros (Frédéric), Marcher, une philosophie, Champs-Flammarion
  • Le goût de la marche ; Le goût de Saint-Jacques-de-Compostelle, Mercure de France
  • Hue (Jean-Louis), L’Apprentissage de la marche, Grasset
  • Kahn (Axel), Pensées en chemin, Le livre de Poche
  • Kahn (Axel), Entre deux mers, Le livre de Poche
  • Kauffmann (Jean-Paul), Remonter la Marne, Fayard
  • Lacarrière (Jacques), Chemin faisant, La Petite Vermillon
  • Le Breton (David), Marcher. Éloge des chemins et de la lenteur, Métailié
  • Mycinski (Cyprien), Via Francigena, Salvator
  • Oursel (Raymond), Les Chemins de Compostelle, Zodiaque
  • Oursel (Raymond), Routes romanes, Zodiaque
  • Rousseau (Jean-Jacques), Les Confessions, Le Livre de Poche
  • Rousseau (Jean-Jacques), Les Rêveries du promeneur solitaire, Le livre de Poche
  • Rufin (Jean-Christophe), Immortelle randonnée, Éditions Guérin
  • de Saint-André (Alix), En avant, route !, Gallimard
  • Stevenson (Robert Louis), Voyage avec un âne dans les Cévennes, Garnier-Flammarion
  • Tesson (Sylvain), Sur les chemins noirs, Gallimard
  • Thoreau (Henry David), Walden, Le Mot et le Reste
  • Thoreau (Henry David), Marcher, Le Mot et le Reste