
André Bucher, écrivain et paysan
Héron, martin-pêcheur, sangliers, biches, aigles, corbeaux, chevreuils, lièvres, lapins blancs, crapauds, vieille chouette, tortues, noctuelles, habitants des vallées et quelques autres, libellules, cygne noir, vieux cerf, lune à demie endormie et nuages capricieux, vent d’hiver et brise de printemps, arbres ébouriffés, personnages cabossés et lumineux, truite arc-en-ciel, soleil pâle et bigarré, merle et corneille, étoiles filantes, fleurs sauvages ocre et fauve, effraie à face blanche, quatuor de geais bleus, poissons mélancoliques, mésanges noires, martinets, bergeronnettes, colverts, scarabée, neige parcimonieuse et lente, montagnes complices, grillons, chênes blancs et vieux cyprès un peu tordus, forêts endormies, cascade aux miroirs, oiseaux migrateurs, papillons… tous sont tristes de la perte.
Tous sont heureux d’une vie partagée, vie d’homme et d’écrivain. Les sens sont en éveil. Il s’agit de rester lucide, de provoquer douceur et beauté.
Au revoir, André.
« (…) quand je casse ma pipe, que je puisse être tranquille, puis bon ça me ferait chier de quitter cet endroit, l’idée que même mort je continuerai d’y être ça me plait bien, sachant très bien de quoi il retourne, parce que je ne crois pas une seule seconde dans les théories qu’on raconte, si je crois à un truc, je crois… je suis comme les bouddhistes, je crois qu’on a une âme, c’est, en fait c’est un truc volatile, c’est des ondes, mais je pense, voilà… est-ce que… les Indiens ils ont une autre théorie, les bouddhistes considèrent qu’elle s’éloigne au bout de quarante neuf jours, si tu es en paix avec toi, même elle te laisse, sinon elle tourne, ça c’est les Indiens, les Amérindiens considèrent que suivant comme ça c’est passé, ta mort et tout, comment tu as été de ton vivant, le mauvais esprit peut continuer à veiller sur toi et à tourner autour de toi. »
Conversation avec André Bucher dans le documentaire André Bucher, entre terre et ciel

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