Ces peintures murales de Puisaye Forterre témoignent d’une riche histoire de l’art sacré dans la région, illustrant l’évolution des techniques artistiques et des représentations religieuses à travers les siècles.
Une riche histoire de l’art sacré en Puisaye-Forterre
L’ocre, ressource abondante en Puisaye Forterre (Yonne, Bourgogne), a permis la réalisation de nombreuses peintures murales dans les églises locales. Les plus anciennes datent du XII ème siècle et les plus récentes du XX ème siècle. Elles offrent un aperçu fascinant de la vie, des pensées et des croyances des époques auxquelles elles appartiennent.
Ce patrimoine historique et artistique unique, offre aux visiteurs et aux touristes un voyage à travers l’art et l’histoire. Il a inspiré le peintre Marcel Poulet dans sa technique a tempera.

La chapelle Saint-Félix à Merry-la-Vallée
La chapelle Saint-Félix est située dans les bois de Merry-la-Vallée. Selon la tradition, elle aurait été érigée à l’emplacement du martyre d’un jeune enfant nommé Félix à la fin du V ème siècle. Restaurée entre 1992 et 1995, elle est aujourd’hui dédiée aux enfants maltraités dans le monde.
L’artiste peintre Marcel Poulet a joué un rôle important dans la restauration de la chapelle. Avec son épouse Anne-Marie, il a œuvré pour sauver l’édifice de la ruine. Marcel Poulet a réalisé des peintures murales sur le thème de l’enfance maltraitée, apportant une dimension artistique et engagée à ce lieu de mémoire.

Douze siècles d’histoire et d’art dans l’Yonne et la Nièvre
Le réseau des peintures murales de Puisaye Forterre regroupe quinze églises, couvrant douze siècles d’histoire et d’art dans l’Yonne et la Nièvre. Ces peintures murales, souvent réalisées à l’aide de pigments d’ocre local, jaune et rouge, illustrent des scènes religieuses, des épisodes de la vie quotidienne et des légendes locales.

Saint-Pierre de Moutiers
L’un des plus grands ensembles de peintures murales de Bourgogne, datant du XIIe au XVIIe siècle. La vie du Christ, la Genèse, la vie de saint Jean-Baptiste et le déluge y sont illustrés.
Saint-Loup de Troyes à Bléneau
Une peinture murale du XV ème siècle représentant Jean II de Courtenay, seigneur de Bléneau. L’église est également riche en éléments décoratifs, notamment des chapiteaux sculptés de scènes bibliques.

Saint-Germain de La Ferté-Loupière
Une rare danse macabre de la fin du XVe siècle – début du XVIe siècle, illustrant l’égalité de tous face à la mort. On y trouve également une rencontre des trois morts et des trois vifs.

© Benoît Pupier
Sainte-Geneviève à Lindry
La rencontre des trois morts et des trois vifs du XVIe siècle, est remarquable car elle n’a pas été repeinte, contrairement à beaucoup d’autres. L’église conserve une partie de chœur roman.
Saint-Roch de Louesme
Les peintures murales du début du XX ème siècle représentent le martyre de Saint-Blaise. L’utilisation des ocres, dans toutes leurs nuances, donne à l’ensemble une belle uniformité.
Saint-Sébastien de Parly
Témoignage important de l’art roman en Puisaye, l’église abrite des fragments de peintures murales du XIV ème au XVII ème siècle. On peut y voir des représentations du Christ, des apôtres, de Saint-Jacques le Majeur et des anges.
Saint-Baudel de Pourrain
Restaurée à l’ocre de Puisaye, la chapelle Saint-Baudel de Pourrain du XVIe siècle présente une voûte peinte célébrant l’abondance et la profusion. Des inscriptions gothiques bien faire et laisser dire ornent les phylactères.
Église Saint-Fiacre de Ronchères
Le chœur de l’église est décoré d’une peinture de 1679 appelée Le paradis de la Puisaye. Elle représente 28 saints locaux autour du monogramme du Christ et des quatre évangélistes.
Église de Saint-Amand-en-Puisaye
Des peintures datant de 1530, époque de la construction du château, ont été découvertes lors de la restauration de la chapelle de la Vierge. Elles représentent la Vierge Marie, l’enfant Jésus, Saint-Michel et un seigneur.
L’église Saint-Prix de Saints-en-Puisaye
Datant du XVI ème siècle elle abrite des peintures murales représentant des scènes liturgiques dont une procession de femmes et la vie des saints, Saint-Martin et Sainte-Barbe.
Église Notre-Dame de l’Assomption de Villeneuve-les-Genêts
On découvre des peintures murales du XVII ème siècle en trompe-l’œil, dont l’Annonciation, la Nativité et une majestueuse figure de Dieu le Père. Des peintures de la fin du XIV ème – début du XV ème siècle ont également été découvertes.
Église de Villiers-Saint-Benoît
Une rencontre des trois morts et des trois vifs du XV ème siècle a été découverte en 1902. En 1997, d’autres peintures, dont un archer et une Pietà, ont été mises au jour.
Chapelle Sainte-Anne du cimetière de Saint-Fargeau

Dans la chapelle Sainte-Anne du cimetière de Saint-Fargeau des peintures murales du début du XVIe siècle recouvrent tous les murs de l’édifice. Elles retracent la passion du Christ en onze épisodes. On y trouve aussi la généalogie de la Vierge et une rencontre des trois morts et des trois vifs.
« (…) à Saint-Fargeau, vous avec une petite chapelle dans le cimetière, qui, elle, est peinte sur tout le pourtour, à l’intérieur, avec des scènes très multicolores, là il y a du bleu,il y a du vert, parce que c’est le châtelain de Saint-Fargeau qui a payé la décoration. Dans les paroisses par contre, surtout en Puisaye, qui est un pays pauvre, une région de bocages, où il y avait très peu de rendement, la région de Ratilly par exemple, c’est une région très bocagère, très typique de Puisaye, il y avait très peu de culture, quand il y en avait elle ne rapportait pas grand chose, donc les paroisses étaient très pauvres, donc on pouvait se payer des peintures, mais avec les pigments locaux… »
Marcel Poulet, un peintre d’ocre en son pays, documentaire de Benoît Pupier




Technique a tempera, pigments locaux et gomme arabique
« C’est des pigments qu’on avait sur place qui coûtaient pas cher, parce que les paroisses n’étaient pas riches. Pourquoi ces peintures-là ont gardé leur fraicheur ? Elles ne sont justement pas peintes à l’huile. Les peintures des XIV ème, XV ème, XVI ème. Le XVI ème on commence un peu à mettre du gras. Les pigments sont restés. La caractéristique des terres, c’est que ce sont des pigments très fixes, qui ne sont pas détériorés par la lumière, pas les ultraviolets, et en plus comme ils étaient liés à des colles, les Italiens ont inventé toutes sortes de recettes de colles, ils allaient jusqu’à faire de la colle avec des macérations de copeaux de figuiers, ils utilisaient des gommes d’arbres, la gomme arabique, bien sur, les gommes comme on a sur les pêchers, les cerisiers, ça on peut la faire fondre, l’épurer et peintre avec. Le fait qu’on ait peint avec de la colle, la conservation est bien meilleure que l’huile, je dis toujours, on aurait jamais du commencer à peintre à l’huile, c’était une trop mauvaise idée.
(…) En fait je me suis mis à peintre avec de la colle et de l’ocre, à cause des peintures murales des églises de la région. Parce que je voulais retrouver cet aspect mat, cet aspect matière, cet aspect de mur, c’est pour ça en fait, qu’en 64, j’ai laissé complétement tomber mes peintures à l’huile, et j’ai commencé à peintre avec du blanc d’œuf, j’ai toujours des toiles par là. »
Marcel Poulet, un peintre d’ocre en son pays, documentaire de Benoît Pupier

Sources sur les peintures murales de Puisaye Forterre
Je suis Peintures murales en Puisaye-Forterre ascendant Yonne, guide de l’association Réseau des Peintures Murales de Puisaye-Forterre.
Présentation de la danse macabre de la Ferté-Loupière, par Amandine Chevallier, historienne de l’art, guide conférencière.
Conversation avec Marcel Poulet, artiste-peintre à Merry-la-Vallée, historien régional, né à Toucy, dans le documentaire Marcel Poulet, un peintre d’ocre en son pays (2010).
Questions les plus fréquentes autour des peintures murales de Puisaye Forterre
Quels sont les thèmes les plus récurrents dans les peintures murales de Puisaye-Forterre ?
- dit des trois morts et des trois vifs
- passion du Christ
- généalogie de la Vierge
- scènes bibliques (genèse, déluge)
- représentations de saints et saintes
- danse macabre
- seigneurs locaux
Quand ces peintures murales ont-elles été réalisées ?
- la majorité des peintures murales datent du XII ème au XVI ème siècle
- peinture murale réalisée par Marcel Poulet en 1997 à la chapelle Saint-Félix de Merry-la-Vallée
Quelles techniques artistiques Marcel Poulet utilise-t-il dans ses œuvres ?
- technique a tempera, pigments naturels dont l’ocre local et colle vinylique
Pourquoi ces peintures sont-elles importantes ?
- témoignage historique et culturel
- support d’éducation religieuse pour les populations médiévales
- technique artistique unique
- patrimoine local préservé
- tourisme
- valorisation de la région Bourgogne-Franche-Comté