La Montagne de la dernière chance, roman d’André Bucher

Bénis soient ceux qui écoutent quand
tout un chacun a droit à la parole.
Linda Hogan, Bénédiction

Je ne suis pas toujours de mon avis,
mais je m’en fous.
Paul Léautaud

Épigraphe, La Montagne de la dernière chance, André Bucher, éditions Le Mot et le Reste

La montagne de la dernière chance, un fragile équilibre

Poussé par un besoin viscéral de fuir la ville, Geffray – petite frappe en manque d’estime – se porte à la rencontre de Louis et Pauline, fermiers et parents amputés d’un fils qui les a mis sur la paille. Georges, un entrepreneur en quête de reconversion rachète la ferme où ils vivent et entend bien modeler l’espace à sa guise pour assouvir la démesure de son projet foncier. Gravitant autour d’un canyon qui n’est autre que le poumon de la montagne, tous les personnages courent après leur dernière chance alors que leur avenir fait écho à celui du lieu. André Bucher décrit cet enjeu avec passion dans une langue immersive et poétique. Il y fait se croiser des destins, mêlant leur sort à celui de cet endroit qui les recueille, suspendu entre ciel et terre, dans le dernier acte d’une saison de l’incertitude.

« Dans cette chute infinie, plusieurs siècles de paysage s’enfouissent à jamais. Toute la poussière du monde trépigne, lorsqu’elle s’étale dans ce vide absolu, chacun retient son souffle tel un point de côté surgissant dans l’effort de la course avant la grande bascule et le fracas qui déferle le long de cette colonne vertébrale inerte. »

La Montagne de la dernière chance, roman d'André Bucher, éditions Le Mot et le Reste
La Montagne de la dernière chance, roman d’André Bucher, éditions Le Mot et le Reste, 2015

La Montagne de la dernière chance, préface de Franck Bouysse à l’édition poche (Libretto)

« La nature n’a pas de volonté, ne se soucie pas de la beauté. La beauté, c’est une soupape de sécurité inventée par les humains, pour endurer l’existence, une petite conception afin d’envisager une éternité à leur mesure. La nature incarne la seule forme d’éternité. Aujourd’hui, la bouche des gens est pleine de « trop », tout est trop ceci, trop cela ; dans la nature, rien n’est trop, tout est juste et à sa place, l’abondance est nécessité, tout comme la rareté. »

Franck Bouysse, préface à l’édition de poche parue aux éditions Libretto

La Montagne de la dernière chance, roman d'André Bucher, éditions Libretto (poche)
La Montagne de la dernière chance, roman d’André Bucher, éditions Libretto (poche), 2022

« André Bucher nous prouve que la poésie dépasse la vérité grise »

« Avec sa langue rocailleuse, André Bucher nous prouve que la poésie dépasse la vérité grise. Il trace des routes, tente d’améliorer la vie, nous prend dans sa nasse pour nous laisser percevoir au-delà du sensible. Il charrie la rigueur des hivers cassants comme la pierre, le frémissement des feuilles dans les cimes, mille visages qu’il s’attache à ressusciter. »

Virginie Troussier,Montagnes Magazine, juin 2015

« Le premier chapitre sait accueillir des « gerbes d’étoiles », « des étoiles assoiffées », des « fumerolles de brouillard », des nuages qui sont autant « d’enfants fuyards de l’espace vide », un « tressage de bras d’eau » d’où émerge un « héron neurasthénique » (…) »

Jane Hervé, Felipé, octobre 2015

« Personnage à part entière du récit, la montagne est le poumon du livre, ses vibrations, sa respiration accompagnent cette écriture fluide et dense à la fois.

On prend la mesure de vies si fragiles dans un environnement immuable où le héron donne la mesure du temps.

Il faut «écouter» André Bucher, ses mots résonnent, jouent une musique tout à fait singulière.

L’intensité des regards, les échanges courts entre les personnages, leur parcimonie de gestes, tout est dépouillé, minimaliste, pour aller à l’essentiel. Infiniment poétique, on s’immerge dans cette nature pour aller au devant de ces vies racontées. »

Isabelle Le Cleac’h, Le blog des bibliothèques du Cher, août 2015