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Les zones humides sont des écosystèmes fascinants et essentiels, jouant un rôle crucial dans notre environnement. Elles représentent des espaces de transition entre la terre et l’eau, caractérisés par leur capacité à retenir l’eau dans le sol ou à la surface.
Hugues Barrey et Cédric Foutel, marais des Bressus © Benoît Pupier
Qu’est-ce qu’une zone humide ? Que dit la loi ?
Selon la loi française sur l’eau de 1992, les zones humides sont définies comme des « terrains, exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d’eau douce, salée ou saumâtre de façon permanente ou temporaire, ou dont la végétation, quand elle existe, y est dominée par des plantes hygrophiles pendant au moins une partie de l’année ».
Pour être considéré comme une zone humide, un terrain doit répondre à au moins l’un des critères suivants :
- Présence de sols hydromorphes (liés à la présence prolongée d’eau)
- Présence de végétation hygrophile (adaptée aux milieux humides)


Les différents types de zones humides
Zones marines
Ces zones humides se trouvent en bordure des océans et des mers. Elles comprennent :
- Les berges rocheuses : habitats côtiers abritant une biodiversité unique adaptée aux conditions marines.
- Les récifs coralliens : écosystèmes marins complexes formés par des colonies de polypes coralliens.
Zones estuariennes
Situées à l’interface entre les eaux douces et salées, elles incluent :
- Les deltas : zones d’accumulation de sédiments à l’embouchure des fleuves.
- Les marécages : terrains gorgés d’eau où se développe une végétation spécifique.
- Les mangroves : forêts côtières tropicales adaptées aux eaux saumâtres.
Zones lacustres
Ces zones humides sont associées aux lacs et étangs :
- Bordures de lacs : zones de transition entre le milieu aquatique et terrestre.
- Végétation aquatique : plantes adaptées aux conditions des eaux stagnantes.
Zones riveraines
Elles bordent les cours d’eau et comprennent :
- Les berges et ripisylves : végétation spécifique le long des rivières.
- Les prairies inondables : zones régulièrement submergées lors des crues.
Zones palustres
Ce sont des milieux marécageux incluant :
- Les marais : zones humides peu profondes avec une végétation caractéristique.
- Les tourbières : écosystèmes où s’accumule la tourbe, formée de matière organique peu décomposée.
Zones humides artificielles
Créées par l’homme, elles comprennent :
- Les étangs : plans d’eau artificiels peu profonds, souvent utilisés pour la pisciculture.
- Les gravières : anciennes carrières inondées qui peuvent devenir des habitats intéressants pour la biodiversité.
Chacun de ces types de zones humides joue un rôle écologique important et abrite une biodiversité spécifique adaptée à ses conditions particulières.
Les zones humides, une biodiversité exceptionnelle
Les zones humides abritent une biodiversité remarquable. Bien qu’elles ne couvrent que 6% de la surface terrestre, elles accueillent :
- 40% des espèces végétales et animales
- 50% des oiseaux
- 30% des espèces végétales remarquables et menacées en France
Fonctions écologiques essentielles
Les zones humides remplissent de nombreuses fonctions écologiques vitales.
Régulation du cycle de l’eau
Les zones humides jouent un rôle crucial dans la régulation du cycle de l’eau. Elles fonctionnent comme de véritables éponges naturelles, absorbant l’eau en période humide et la restituant progressivement. Ce mécanisme permet d’atténuer les crues en stockant temporairement l’excès d’eau, réduisant ainsi les risques d’inondation en aval. En période de sécheresse, elles libèrent lentement l’eau stockée, contribuant au soutien des débits d’étiage des cours d’eau. Cette capacité de rétention et de restitution de l’eau aide également à recharger les nappes phréatiques, assurant une meilleure gestion des ressources en eau à long terme.
Amélioration de la qualité de l’eau
Les zones humides participent à l’amélioration de la qualité de l’eau en agissant comme des filtres naturels, retenant les sédiments et les polluants.
Stockage du carbone
Ce stockage du carbone est plus efficace que les forêts.
Des écosystèmes menacés
Malgré leur importance, les zones humides font partie des écosystèmes les plus menacés au monde. En France, deux tiers de ces milieux ont disparu au cours du 20 ème siècle, à un rythme trois fois plus rapide que la déforestation. Les principales menaces sont :
- l’urbanisation
- le drainage
- l’assèchement
- l’intensification des pratiques agricoles

Les zones humides en Bourgogne
Parmi les zones humides remarquables de l’Yonne (Bourgogne), on peut citer :
- Les marais du Bressus en Puisaye
- Les marais d’Andryes
- Les marais de Vanneau
- Les prairies inondables et les aulnaies-frênaies le long de l’Ouanne
- Les marais tufeux du Châtillonnais
- Les tourbières du Morvan
- Les prairies humides du Val de Saône
- La source de l’Yonne, située dans le Morvan. Elle se trouve dans un environnement de tourbières et de prairies humides caractéristiques des têtes de bassin versant du Morvan.
Marais des Bressus : collaboration entre Hugues Barrey, éleveur bio, et le Conservatoire d’espaces naturels de Bourgogne
Hugues Barrey est éleveur bovin à Saint-Sauveur-en-Puisaye (Yonne), au lieu-dit les Metz. Il a appris à connaître son terrain, à observer la nature et les zones humides, pour travailler sans détruire, au cœur d’un écosystème en autonomie : les sources, mares et étangs offrent l’eau pour abreuver les bêtes, l’herbe des prairies naturelles les nourrit, les arbres sont utilisés comme fourrage, l’herbe des marais est utile pour la litière. La vallée du Branlin est l’une des dernières vallées de l’Yonne où les milieux humides sont protégés. Au marais des Bressus, le Conservatoire d’espaces naturels de Bourgogne a signé avec le paysan une convention de mise à disposition. La mission de protection de ce site naturel se construit dans un dialogue avec un homme d’un territoire, soucieux de sa préservation.
« En Puisaye c’est très humide parce que c’est de l’argile, mais c’est très sensible au sec, l’argile ça tient l’eau très longtemps, mais une fois que ça a séché il faut encore plus de temps pour lui faire reprendre sa place et donc l’impact peut être très très long, une année de sécheresse il faut plus qu’une année pour rattraper cette sécheresse. »
Hugues Barrey
La retenue collinaire d’André Bucher dans les montagnes de la vallée du Jabron

André Bucher, écrivain et paysan biologique, a construit une retenue collinaire sur les hauteurs de sa ferme de Grignon, située dans la Drôme. Cette retenue d’eau a été conçue pour des raisons pratiques et écologiques, permettant notamment l’arrosage par gravité. Elle sert aussi de réservoir pour les pompiers (camions et canadairs) en cas d’incendie. La retenue collinaire joue un rôle important dans l’environnement local et apparaît régulièrement dans les écrits de Bucher. Dans son roman La Vallée seule, il décrit une scène où un cerf s’aventure au bord de la retenue gelée en hiver.
Retenue collinaire, ferme de Grignon, pays d’André Bucher © Benoît Pupier
Sources scientifiques
Le centre d’information sur l’eau.
Le Muséum National d’Histoire Naturelle.
Foire aux questions : tout savoir sur les zones humides
Comment identifier une zone humide ?
La présence prolongée d’eau
Des sols hydromorphes
Une végétation spécifique (roseaux, joncs)
Des caractéristiques pédologiques particulières
Quel est le rôle des zones humides dans la lutte contre le changement climatique ?
Sont des puits de carbone naturels.
Régulent les températures locales.
Atténuent les effets des sécheresses.
Stockent deux fois plus de carbone que les forêts mondiales.
Combien de sites le CEN Bourgogne gère-t-il ?
183 sites
5750 hectares répartis sur les 4 départements bourguignons
Quelles sont les missions du Conservatoire d’espaces naturels de Bourgogne ?
Protéger et gérer le patrimoine naturel bourguignon
Initier, coordonner et participer à des actions en réseau à l’échelle régionale
Sensibiliser à la préservation des espaces naturels et de la biodiversité